II. - HE L'ORIGINE DE LA PLÈBE
I/ori^'ino <le la plèbe et de la noblesse gauloises n'est pas moins obscure que celle de la plèbe et du patriciat romains.
Il vient d'abord à l'esprit que la conquête fut la cause première et principale de cette opposition de classes ; les plébéiens desrendraient des Ligures vaincus, la noblesse serait l'béritière des Celtes et des lielges conquérants '. Bien des indices semblent appeler cette bypothèse : l'infériorité numérique de l'aristocratie*; sa manière de combattre, qui était à cheval', la plèbe fournissant surfout l'infanterie, arme traditionnelle des populations ligures*; les caractères physiques qu'on atlribuo aux Celtes, et qui no conviennent guère à la majorité des hommes de notre pavs*. — Mais des objections se présentent presque au.ssitôt.
Assurément, au mojnent de la coïKjMèle, la masse des vaincus a pu être rejetée loin de la vie publique, traitée en multitude plébéienne, méprisée à l'égal des esclaves par ses nouveaux maîtres. Mais il est rare qu'un tel état do choses dure longtemps. Depuis trois ou quatre siècles que l'invasion a pris fin, do nombreux rhangements ont di^ se produire, d'incessants va-ot-vient d'une classe j\ l'autre : le monde ancien, classique ou barbare, n'admettait pas entre les espèces d'hommes d'irrémédiables dilTérences; il ne portail pas contre toute une postérité des condamnations sans aj)pel. — Est-on sûr d'ailleurs que la victoire celtique ait été fort brutale?
1. ("Vst rc il i]uoi s(Miil>lr jinrfois penser Sctirrrer. p. 3^.
2. Plebs, chez Osiir. semMc synonyme do muUitndo : l, 17, 1 cl 2; cf. Vlll,21, 4- Ceprndnnt, rhrz Mirlins, VIII, 22. 2 : Infirma manu plebis.