Diodorc, V
72 OriGANlSATION SOCIALE.
Germains contemporains de (>t'sar', les chefs partageaient chaque année le sol arable entre les familles ou les hommes chargés de la culture. Comment s'expliquer, a-t-oQ dit, la migration volontaire des Helvètes de la Suisse (en 58), abandonnant en masse terres, bourgades et maisons, si ces hommes avaient été propriétaires, c'est-à-dire attachés et attentifs au terrain qui les nourrissait*?
Mais les départs de peuples n'ont point toujours du rapport avec le régime de la propriété. Quand les Romains et les Grecs fondèrent des colonies. Us avaient renoncé depuis longtemps à l'indivision de la terre Un exode d'hommes dérive moins souvent de l'ignorance de la propriété privée, que du désir do devenir propriétaires'. — En ce qui concerne les Helvètes, n'oublions pas (juen 58, ils venaient à peine de s'établir dans la Suisse : expulsés par les Geruiains de leurs belles terres de Souabe et de Franconic, domaine traditionnel de leur nom, il leur avait fallu chercher leur subsistance dans les cantons alpestres*, et s'ils voulurent ensuite les quitter, c'est parce que cette contrée d'exil et de montagnes ne leur fournissait pas des ressources foncières en rapport avec leur nombre et leur puissance*. Ces Helvètes, depuis leurs premiers malheurs, avaient été en quelcjne sorte hors de leurs gonds; ils cherchaient sans cesse des foyers et des terres; ils ne vivaient plus do la vie normale des Gaulois*.
Au( un lr\tc, il est vrai, n'aflirnu' que cette vie normale fût d'être propriétaire. Mais à chaque instant, dans l'histoire des cités gauIois«'s. surgissent des faits que le réi^ime de la propriété individuelle peut seul produire \ — Les prêtres étaient