‹ Histoire de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants Germains (volume 2)Chapitre 18 sur 51 · DES FILS DU GI4OTAIRE I. UO · texte numérisé non relu

DES FILS DU GI4OTAIRE I. UO

promQfté comme roi surfeurs têtes, il n'en est piis un qui songe ^ enlever son cadavre pour i'en^ sevelir. • ;

Les deux assassins de Sigebert étaient deux serviteurs de t^rëdégonde, auxquels cette femme avait: su inspirer le dévouementfëroce^ont ils venaient de^ faire preuve* Mais le tumulte général qui suivit leur action semble démontrer qu'ils furent sou* tenus par un nombreux parti de Neustriens^, peutêtre même d'Austrasiens.

La.nouveUe de cette étonnante catastrophe arriva

biea.vite^a Tournai. Quapd . Chilpéric la reçut^ il

délibérait sur Jes moyens de sauver ,' non. plus son

trône y mais, sa vie. Qn conçoit aisément quelles

furei)t sa surprise et sa joie.^Cependant il lui im*

portait d^ ne pas perdre, un moment; i\ partit en

toute hâte de Tournai^. pour revenir à Paris, ne

s'arrêtent. en chemin que le iemps indispensable

pour iaire enterrer son frère» Mais il n'en (alliit pas'

davantage pour que le bruit de sa miraculeuse

délivnince le devançât aux bords de la Seine. Ce

i>ruit Im rendit subitement une foule de serviteurs^

dont chacun s'évi^rtua à lui donner' des marques

cle sa fidélité renaissante. Ce furent eux sana douto

^ui^.au premier bruit de la tragédie de Vitriac/

^'assurèrent de Brunehaut-et de toute sa ^nlille^

"^fin qu'à son arrivée Chilpéric pùfc en disposer,

^^mme bon lui semblerait^

kxk inombre* dès prisonniers ^ trouvait le fils ^niipieLde Sigebert^ Ghildebert^ enfanH^decinqans, II. i4

2JO RÈGXIB

à la vie duquel tenait en ce moment Thidépendance politique de l'Austrasie et dont la vie devenait plus douteuse à chaque pas que Chilpénc faisait vers Paris. Mais un duc au5trasien , Gondebaud, Je même que nous avons vu guerroyer en Aquitaine^ parvint, à force de tele et d'adresse, h enlever le -petit Childebert de sa prison , et remporta vite en Austrasiey où il fut proclamé roi ^ sons la tutelle de quelques leudes puissants.

Arrivé à Paris , Chilpéric n'y trouva donc plus que Brunebaut et ses deux filles. Celles-ci n'étaient encore que des enfants, dont l'une pouvait avoiir trois ou quatre ans et dont l'autre n'en avait guère plus. Chilpéric les fitconduire toutes deux à Meaux. Quant à leur mère, il l'envoya en e%il à Rouen tt la consigna à Prsetextat, Tévéque de cette ville. Après ces premières précautions, il recommença paisiblement à régner, et reprit tous ses anciens pro^ jets d'ambition , iin moment interrompus comme par un songe effroyable.

On put s'assurer alors que, de«tous ces projets, le plus sérieux et le plus fixe était la conquête de l'Aquitaine. La guerre, comme on l'a vu , avait déjà recommencé dans ce pays, lôrs de la seconde invasion de la Neustrie , et cette guerre avait eu aussi ses incidents: tragiques auxquels je dois revenir avant de m^engager dans le récit des événements qui suivirent la restauration de Childéric. ' Ce n'était qu'après avoir envahi la Neustrie pour la seconde fois, et s'être établi à Paris, xfue Sifgd*

DES FILS PS GIiOTAIBB 1* ail.

l>ert av^t pu. Êûre des. tentatives , pour reoQunw ses villes d'Aquitaine. Il ayaît ordonqé d'abOrdiaw liabitants de Tours et de. Cbàteaudun de mardi^r ensemble, contre Théodebert ; mais ceux^i avaient x*efusë d'obéir. Il avait étét>l:|ligé alors ppoui* avoir <ies fonces en Aquitaine, d'y envoyer :des Âustrasiqnsy dont il avait, donné le commandeoieiit. au duc Gontran-Bozon.

C'est ici la premier^ occasion .où ^ montirt C0 ;personn.age9 qui joue un.trop grand .rôle dans.ks événements subséquents; ppur n'être pas de» 'à 2>résent signalé au lecteur. C'iest le vr^ai. typé (du Xeude frank de cette époque; car, selo^i toute pnon Ijabilité, il. était de,race.franke; inaf$ il.avait épotoé Xa fille de .Sévère y Gallo^Iipmaili puissant <et.:d'ube richesse immense y qui lui valut, à lui et à ^Iteui^ iila ^uUl avait, une accusation^4e.lèse-tnajestié,.et'Utiè £n tragique. Bien.qi^'au service de 3i^bçr4:^,G€4i- %ran-Bozoi) avait eu . deis , relati<¥i£t iptimiés aVee IFrédégonde, et il parait qu'yen prenait le comiiuin* dément des trqupesaustrasiennes envoyées contre rrhéodebert, Qs'était engagé envers elle à ladébar- :^asser.4e ce jeune prince qu'elle abhorrait, çoiame ^ous ]ps autres fils de^Cbllpéric. dont elle, n'était 2)oint,lainière. \, ■ . . » i

Gpntrf^n-Bûzon, entra en Aquitaipe par Touirs^ ^u'itsoumit en passant, et s'avançatd^ns l'intérieiir ^u pays, à. la rencontre^ dç. Tliféodebert. . On ne ^ait pas positivement pù.cettfei neocontre eut lieu t Bonais on verra plus bas que ce dut être au-delà de

ai» RÈGKE

Poiti«r9) «V dans le voiisinage cTAngouIéme. Les bruils des suoôès de Sigebert eh Neustrie et de la fiurte de Clitlpéric à Tournai avaient passe la Loire, bouleversé la posîtioÈ de Théodebert en Aquitaine et porte la défection dail^ son armée.

il n'en attendit pas moins courageusement Tenfiemi; mai^ les forces étaient par trop inégales. La poignée d'hommes qu il avait menée au combat y fut bientôt anéantie ou mise en déroute ; lui-même y fut tué , et scm cadavre outrageusement déplbuillé resta sur le champ de bataille,. Un inconnu lui rendit les derniers soins et le porta à Angouléme pour y être enseveli j circonstance qui autorise à présumer que l'action où il périt eut lieu dans le voisinage de cette ville. Sigebert n'avait pas seulement recouvré par cette victoire toutes ses villes d'Aquitaine y il s'était emparé de l'Aquitaine neustrienne; mais il n'eut pas le temps d'en prendre possession , n'ayant survécu que de dix-huit jours à son neveu Théodebert. '

Les affaires d'Aqiiitaine en étaient là quand Ghilpéric recommença à régner. Ses premiers soins et ses premiers regards se tournèrent naturellement de ce côté, où ses hiunes et son ambition étaient plus engagées que jamais. Il avait d'abord à venger la mort de son fils Théodebert , quMI attribuait 9 non à Une chance de guerre , mais à un assassinat dofit il chargeait Gontran-Bonon. Ausdi, à peine le duc eut-il vent dès menacés contre lui

DES FILS I>£ QLOTAIRE I. .Vt,l^

échappas à Çhil|>ériG 9 qu'il courut se réftigic^^us régtise de SaÎDt Martin de Tours.

Mais la grande afTaire de Chilperic en ^uîtsii^^ c'était d'y prendre ou reprendre tout ce qufil pqiufraitf tant sur la Burgondie que sur l'Austrasie. Np pardonnant pas àGojntran de l'avoir livré deux fioii^ aux Au&ti^ens , il était bien résolu, pour s'en v^ngei*! de lui faire vigoureusement la guerre en Aquitaine, et les circonstances semblaient on ne peftf plus favorables à sa résolution. Les tuteurs de Cbiir debert II n'avaient guère le loisir, ni les. moyei^, ni peut-être la volonté de guerroyer outre Ldisf^; et Gontran lui-même, qui n'était point weor^ aleis quitte des invasions des Lombards, n'était ps^-ep situation de faire de grands efforts pour la dé^^Qfa de ses États d'Aquitaine.

Cbllpéfic envoya dans ce pays Sférovée , le pl^s jeune de ses fils d'âge viril , avec l'ordre particulier de marcher sur Poitiers et de s'en emparer. Sférf^ vée eut l'air d'o];>éir; il se rendit à Tours , peut-^tf:p même à Poitiers ; mai& il n'y exécuta pas l'ordre d^ ^n père ou l'exécuta fort 'mal. U avait danjs Vçfkprit un bien autre projet que celui de copohatjljrjp pour le gain d'une ville. Après quelques jours psts^^s 'Çn Aquitaine, il feint de vouloir ffure une visiitçii sa mère Audoyaire, une des femmes répudiiées!^ de Chilpéric, retirée au Mans,, et oouit à Rouen sie prése{iter à Bi;unehaut , qui vivait là exiliee* et prî- SQnni^re^ lui .propose dfi Véfipu^v pt l'époii;*^. f...

'3l4 RÉGNE

' L^histoife ne dit Heri qui autorise suffisamment à rattacher ce mariage étrange à dés intentions ttmbîtîëuses , à quelque intrigue politique. On n'y ■peut voir,* au moins de la part du jeune Frank, que là suite d'une impulsion dérégliée , niais désinté- 'i*essëe. Aussi les sing'ulières aventures et la moi^t t<*agique où ce' mariage plus que téméraire précî- -pîtaMérovée, ont-elles quelque chose de touchant èl qui fait exception aux traits ordinaires de cette •époque d'égoïsme féroce et sans détour. Mais comme elles ii'orit aucun rapport avec les grands événe- •menife publics, je crois devoir les passer sous ^tléhce; Quant aBrunehaut', tout ce que j'ai besoin *d'en dire ici , c'est que, peu de temps après son niàHage'àvecMérovée, Chilpéric consentit à la renvoyer en Âustrasie, sur les réclamations qui lui furent faites' Uû nom de son neveu Childêbert. ' Mérovéé ayant fait manquer l'expédition neustriehnè en. Aquitaine, Chilpëric fut obligé de la Reprendre 'au plus vite. Il envoya outre Loire son second flls CloVis, avec dés* ordres plus étendus que ceux doiVnés précédemment à Mérovée. Il lui coihmatfda dé se porter versleà côtes de l'Océan, dans rAquitàiné burgondienne , et dé s'en emparer, tandis que Didier,' duc de Toulouse , conformément aux instructions qu'il avait reçues,' monterait de son côt^ jusqu*en Limousin , pour le souiiiéttre ou le ravager. Ce nfouveau plan fut exécuté de point en point. Le jeune Clovis descendit \si Charente

jusqu'à Saintes qu'il pf'it^iandisque le duc Didier, avec une nombreuse armée de Toulousains et d'autres Aquitains méridionaux; ^ se mit en mouvement pour ooeuper le LJmousiû; tnais^.au lieu de s'y rendre: par la route la plus directe ^ il se détourna UD peii k dtoite y vers l'Albigeois, et ce n'était pas sans «Dotif. '

Gontran avait^ je ne sais à quelle époque, enleloé au rtii d'Austrasie la ville A'Albi et son territoire^ et l'armée burgoondienne qui l'avait prifir l'occupait encore lors du passage dès Toulëusains. Le duc Didier mareba donc contre cette armée qu^il! rencontra à^Aibi, la Imît en déroiit^ fit; s!empânai4u pays pour tGbilpéric; 'Delà, pou#sttiii^t sar lK>iite vers le {Limousin^ il is'y établit df %iye force. . . > -ii'anaée:576, à laquelle on.' rapporte ces .expédia tions> était précisément celte de la graadedescente des Lond^ards en Provence^ «t le patrice MummQle^ occupé comme ilA'étaitau pied des Alpes par- ces Barbares '^ ne semblait gvàr^^en .position • d<^ iairf £ioe àd^autri^s ennemis a^^elM;4^ Rhon^ i^ dq }$ l/)ir.ç»A(ais,l -étonnante r9î>idité 9i^ec Is^qiiieU^ -il^^l^ termini^es'J^Oml^rds lulpeiio^it 4'â^ourirÀ^^ ^u se^r^Nd^rAqUitaiinja j>urgpndi^iii»e» Cpnim^fiji ^t^>(>a(ti ;de^' e&tn^mitéK^ ntérîijiionales^j^ei la ^in*gondÂs^retjcomme^^au lien> de- passer JaLpii^e^ il^^ uvaîCifmiPiké la soui?ce 4 W^s^ Ipin^ , i^ pu|; &e ppr|efc <liriEscteiK^trSurrAlb%eoi9qUir^en%it>d'!^^ par Didier^ et lé vernit sous b dotniniitîOP 4e G/M^

On a sur cette dernière expédition des particularités qui prouvent que les villes de i'Aqukaine^ à chaque fois qu'elles étaient prises ou reprises par tes généraux des rois fratiks, étaient traké^s par eux comme efles auraient' ^ Tétre pai» un • enbemî étranger, ave^ toute In hai4)Àriè du 'droit dé 'guewe de cette époque. Ainsi, quand il eut repria-fai ville d'Albi^ Mirmmole en emmena ^çsq^ve waé partie de>«la popuiatioii. GeplbdaM son^intiée éiiiii (se tncmtrèrept en léette occasion firaN|8 hrtrbamsr que it droit et.qixerusa{|e/ Saint Salvîusy alors évéque tL'AIbi /J suivit sesdiocésafins prisonniers poKir- en racbeter autalit qu^îl pourraK, Touobéà/dé la cha* rite de t- éVé<foe,ies soldats de fifunimbletrakèrent d'abord Qvec lui plus^humainémeot ^ué. dei coutiune^ puis ils lui remirent tine|>anîede)a*ran^n tx^nven^e^Ottrun ghiad^ndteibné deoaptifii'iel^finîrentparjui en rendre pluBÎeurs sans nwçàaa. >> '

Mlimmôle^chérch^t Didier; il s'ava«»ça' pqor le l^èi^èoiMtret^ jufsqu^en^LitifDUsin ^ et celui-ci <«3â l'at* fëhdre. Les oliafMe^ d'trtte^baltfiftté^ èâltiÉ les <tettk adVer&iaire$ étaient pbUrJlé'pdfr^ bùr^éUdieiV^q^ ëii effet la gagna; mais la victoire lui <ftnidi»puléé «Ivee un açheirnemedt éxtraidirâltiaii^eyierlieitweotip |ilus ûân^tite €p!i^4 ne^erelit tiâ(tit>elde l*iiiri|i^iMèr dians une gberre de cette 'espèôe^'emt^tcléiiStiMbtMi d^hommeé t)é6 ednsidéi^te»^^ doik la^'WlljhM«re piétûé 'slp]!^arl€lfiait' <à' la population, iduj fâiTS) t'fiii^ g(iite de fW6bm évÀhté ^"diiq imiHë ifesiwcèlsjéf l'arn^ée de Mummole et à vingt-cinq mille ceuxidé

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Tarmée de Didier. Ces pertes sont tsè& vraisemhkohlement exagéras; mais cette exagération méfiie atinonce-un carnage peu ordinaire; aussi en futil beaucoup parle, et l'on peut juger aisément de la désolation que devait jeter dans une petite pro^ vince , xHimme l'était alors le duché de Toulouse «^ le tnâssacre de tant de milliers de ses habitants.

Du reste ^ cetffe victoire de Mummole n'eut point un résultat proportionné à son éclat ; il se retira > à ce qu'il parait, aussitôt après l'avoir gagnée . et sans avoir repris aucune des ailles de l'Aquitaine burgondienne. Seulement, comme Gontran était alors brouillé avec C3nkkbert, Mummole et sea Burgondes firent leur retraite par l'Arvemie qu'ils rtvagèreat de leur mieux/

'Cette première brouillerie de Gontran et de Ch'ildebert dura peu. Ayant .perdu subitement (en i^j) ses deux fils, Clotairè et Qodomire, au moment où iU devenaient capables de régner, le roi de'Borgcmîdie conçut aisément l'idée de s'attacher tion 'oeveu à leur place et de le désigner d'avance ifùur son successeur. £n conséquence , il lui donna rend62>«vous dans un lieu de FAustrasie nommé Je Pont-de-Pierrey^ dcint k position est aujourd'hui inoennue* Les deux rois s'y rendirent-en grand ap- {MMtt et chacun.Hvec sas leiides. Gontran fit à son liweu un accueil tout paternd en disant : « J'ai été prirvë de mes deux fils èii punitk>B de mes péchés; (fmâ i f0anpidii je 'veux- que * ee Aiieu' : ne^^eu m^ tienne désormais lieu de fils, v Là-dessus , faisant

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asseoir le jeuq^e Childebert à côlé de lui, sur le même siëge, il le déclara son héritier , dans les termes suivants que Grégoire de Tours semble avoir fidèlement traduits d'une formule germant que. : « Que le même bouclier notfs couvre et que la même hache nous défende [.S'il m'arrivait par la suite d'avoir d'autres fils, je persisterai à te ternir pour l'un d'eux et te garderai k j^ais Tanioûr que je te promets aujourd'hui devant Dieu.)» Les leudesy tuteurs de ^Childebert, acceptèrent en son nom ces offres et ces promesses. . > ,*

En vet*tu de cette alliance Contran et son neveu allaient soutenir en commun la guerre d'Aquitaine contre Chilpéric, ou, pour nrieut dire^ c'était Cron* tran lui seul qui allait en être chargé au nom 4e tous les deux. Un/meâsage fut sur-le-champ expédié à Chilpéric, pour le soçimer de leur rendre à l'un et à l'autre les villes d'Aquitaine qu'il leur avait prises, ou ^inoci de se préparer à la, guerre. Chilpéric leur répondit par un refus dédaigpaèux, et, comme pour faire parade du peu dé souci .qu'il prenait de leurs menaces, il se mit à &ire bâtir deux cirques , l'un à Soissons / l'autre à Paris , pour y donner au peuple des spectacles romaifas qui avaient cessé partout ailleurs . daos la. Gaule ^:st;ce n'est peut-être dans certaines grandies vHlès -du Midi, comme Arles et Narboiinô.iDes^ troj» fils de Gotaire alors régnants, Chilpéric ^ûik celui, qui sf piquait le plus de politesse et de culture. roniaîiiesi

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La guerre recomm^ça donc, ou^ pour mieux dire, continua en Aquitaine ,• entre Contran et Cbilpëric, de 577 à SSi, sans être interrompue par aucun autre événement remarquable. Les incidents de cette guerre sont peu connus, et ceux qui le sont n^ont rien qui mérite d'être rapporté. Contran y eut des succès momentanés et partiels; mais le résultat en fut à l'avantage de Chilpéric qui, au commencement de l'année 58 1 , restait en possession de tout ce qu'il avait précédemment conquis, tant isur l'Austrasie que sur la Burgondie. Il est du mbins certain qu^il dominait alors sur la Touraine, le Poitou et le Limousin. Ces pays eurent donc quatre ou cinq anirées pour faire' une comparaisoÉi un peu suivie de la domination de Chilpéric avec celle de Gontran ou de Childebert, et cette comparaison ne fut pas à l'ayantage du premier.

D'abord, c'était au roi de Neustrie qu'était échue la souveraineté nominale des Franks sur la Bretagne armoricaine , et, Chilpéric ne tarda pas à faire voir aux Aqbitains qu^il comptait bien les employer dans la lutte que devait entraîner la conquête définitive de l'Armorique.

Il nianifesta son intention à cet égard pai* une grande expédition qu'il entreprit en 678 contre Guroklï ou Varokh, chef brfeton qui avait réuni iDonaentanéitient sur sa tête toutes les petites seigneuries du ' pays. Cette expédition fut des plus înalheureuses , et l'armée de Chilpéric y siibît des

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&tigues et une déroute dont les Aquilaiw^ eufent leur lai*ge part.

lodépendamment de cette nouirelle perspective de guerres qu'elle voyait s'ouvrir devant elle sous la domination deChilpéric, l'Aquitaine eut bientôt des raisons plus directes de trouver le gouvernement de ce roi oppressif et tracassier , et c'étaient autant de nouvelles chances de troubles et de révoltes; car les Aquitains n'étaient pas encpne conquis au point de tout supporter de la part de leurs conquérants. Malgré les guerres ,* les ravages et les violences qu'aVait entraînés pour eux le changement perpétuel de souverains *et de gouverneurs , iis gardaient encore , sous les fils de Gotaire, une bonne partie de leur ancienne épergie et retrouvaient av^ besoin de l'audace et des foroes .pour résister à l'oppression ; le soulèvement général du Limousin y en l'année 679, en est un exeou^ple remarquable.

Chilpéric avait établi cette année un nouvel impôt en nature sur4es divers produits des terres et dur la propriété des esclaves. Les données manquent pour l'évaluation de cet impôt; tnais il fut trouvé intolérable par ceux qui devaient ]^ p^yer^ o&cita de grands murmure^ d^ns toute la Neustrie et y donna lieu à de nombreuses émigrations, petj^le de Limoges s'y opposa avec plus d'éclat; i ae souleva en masse et se porta à Tbabitatioa d'u nommé Marc , réféi^endaire de ChUpériçy, qui ^^ trouvait poui* lors à Limoges et a qui T^Q atuV

buaii Finveution des nouveaux impôts. On voulait le tuer, et on l'aurait tué si Ferrëol, l'évêque du pays, ne se fût entremis pour le sauver. Mais les registres de l'odieuse imposition furent saisis et brûlés sur la place publique par la multitude triomphante. Les poursuites dirigées quelque temps après contre cet acte de rébellion semblent prouver que des ecclésiastiques vénérables et généralement tout le clergé de la ville avaient fait quelque chose de plus que prendre part au soulèvement et qu'ils avaient excité le peuple à livrer aux flammes le registre de l'impôt. Plusieurs d'entre eux furent torturés et condamnés a mort; beaucoup délaies furejQt décapités , et la révolte fuj: punie avec une cruauté dont s'accrut encore l'faorreur du pays pour le gouvernement de Chilpéric.

INTRIGUES At^STR A SIENNES. — CONSPIRATION OURDIE

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