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rimproviste sur ce royaume par les passages des Alpes les plus septentrionaux, ils n'y trouveraient point d'armée pour les empêcher de butiner à Tsûse^ËB conséquence ils firent une irruption dans le Valais et vinrent prendre poste au monastère de Saint-Maurice.
L'issue de leur expédition ne répondit pas au début ;. au moment où ils s'y attendaient le moins, ils furent attaqués à Bex , et avec tant de vigueur qu'ils restèrent presque tous sur la place; à peine une fuite rapide en sauva-t-euequelqués-uns.Leseul Ustot*ien qui parle de celte victoire en fait honneur aux Fratiks; mais le nom de Frank parait devoir être pris ici dans un sens, vague et général, plutôt que strict et précis. Le territoire envahi par les Lombards appartenait au royaume de Burgondie, et c'était aux Burgondes à repousser l'invasion. Non-seulement l'histoire ne dit nulle part que les NeqstrieQs ou les Austrasiens les aient secourus en cette occasion, nous verrons par la suite qu'au moment même où les Lombards se jetaient sur le Valais , les Franks de Sigebert et ceux de Chilpéric étaient trop occupés les uns par les autres pour prendre une part active aux guerres de la Burgoudie. Mais revenons aux Saxonsque nous avons laissés sur le territoire d'Avignon.
Bien que pacifique , le passage dç deux cent mille Germains v^abonds, et depuis long-temps accoutufnés à ae vivre que de pillage, ne devait pas différer, beaucoup d'une invasion de guerre. Les
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Saxons étaient arrivés en Provence "lers la fin' 4e la moisson et dans un moment où les riehes produits du sol étaient encore sur pied, prêts à être récollés ou déjà an^oncelés dans les champs et à la porte des métairies. Us avaient pillé tout le^ blé encore en gerbes, l'avaient eux-mêmes battu et moulu pouv en faire du pain; ils avaient égorgé et mangé tout le bétail qui leur était tombé *sous la main ; enfin; ils n'avaient rien laissé aux malheureux laboureurs, ni de la récolta nouvelle, ni des récoltes passées, et ce ne fut qu'après ayoir tout dévoré ou tout détroit' qu'ils songèrent à se retirer et à passer le Rhône^ pour gagper l'Aquitaine austrasienne« Leur retraite fut plus désastreuse encore que leur séjour, var ils^ brûlèrent partout les habitations sur leur passage, arrachèrent les vignes et abattirent les oliviers par le pied.
Sauf quelques cantons.de peu d^ét^ndue, le ter» ritoire ainsi dévasté par les Saxons appartenait à Sigebert, ce qui explique très bien pourquoi Munw mole, qui était là, en observation devant les Barbares, avec des forces suffisantes pour s'en fairé^ craindre, n'avait pas fait un geste pour arrêter leur» brigandages.
Jusque là donc t<mt allait au mieux pour les dévastateurs; mais quand ils arrivèrent au Rhône pour le passer, la scène changea tristement pour eux. Ils trouvèrent sur lés bords duiifleuve le re-' dou table patrice à latêté d'une armée de Burgondes , qui, d'un ton menaçant; leur demanda eompté de
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tout le mal qu'ils venaient de faire sur les tenreflide Gontrati, et leur déclara qu'ils ne passeraient à Tautre rive qu'après avoir payé des dédommagements convenables pour leurs dégâts, Mummole avait pris ses mesures pour donner du poids à ses menaces; elles produisirent leur effet , et les Saxons ne traversèrent point le fleuve avant d'avoir payé une rançon de plusieurs milliers de pièces d'or, partie considérable de leur butin d'Italie. Je ne les suivrai point chez les Ârvernes^ encore moàns sur les bords de l'Elbe 9 où les attendaient des mésaventures plus tragiques que les précédentes ; je me hâte de revenir aux Lombards.
Plus irrités qu'abattus de leurs précédentes défaites, ils avaient résolu de tenter encore une fois' la fortune des armes en-deçà des Alpes ; mais l'expérience leur avait appris que, pour se donner des chatM^s de succès contre un adversaire tel que Mummole, il fallait l'attaquer plus habilement et avec plus de moyens qu'ils n'avaient fait jusque là. Ils passèrén-t, à ce que l'on peut Croire, Tannée entière de 676 à faire les préparatifs de cette expédia tion décisive; elle fut en effet conçue sur un pkq plus vaste et plus hardi que les premières. Ce ne ftit plus, comme l'avait été chacune de celles-ci, l'entreprise d'une bande isolée d'aventuriers volong tairés, guerroyant pour leur compte, mais une véritable expédition nationale, où les lyombards s'engagèrent, par une sorte de point d'honneur et avec rélite de leurs forces*
Leur "armée arriva au pied des Atpea «bennes divisée en trois corps , sous trois duefs diffécents dont les- noms nous ont été conservés^ circpnst^uice qui semble impliquer que c'étaient des chefs de renom. Le premier est nommé Amo^ le second Zaban et le troisième Rhodane« A la manière vague dont Grégoire de Tours décrit leur maiche^il y.alieu de présumer que ces trois corps franchirenVles Alpes ensemble et par le même passage^ par celui du Mont-Genèvre^Bnais une fois dans la vallée de la Dnrance^ ils- se. séparèrent pour suivre diverses directions.
De Gap, Zaban et Rhodane prirent la route de Grenoble, à travers les montagnes qui séparent les bassins de la Durance et de l'Isère. Rhodane s arrêta devant Grenoble pour en faire le ^iége ; maijs Zaban poussa plus loin et desœpdit le long de Tlaère jusqu'à \alence, qu'il assiégea pareillement. QuanJt à Amo f il continua à longer la Duràiice , et, .débouchant par la plaine d'Avignon, il vint planter ses tentes à. Macho ville ,. peut-être dans, l'intention expresse de braver Mummole , à qui ce territoire ap partenait. Après avoir fait là et aux environs tout ce qu'il avait voulu, il poussa jusqu'aux murs. d'Arles. Ses forces n'étaient probablement pas ^suffisantes pour attaquer cette ville; mais il en rançonna aisément d'autres moins considérables et moins Cortes, et en particulier celle d'Aix, qui, menacée d'un siège, s'en racheta moyennant vingt-deux livres d'argent. Amo entra dans le fameux champ de
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pieri'es, depuis nommé la Crau, et en enleva d'immenses troupeaux de moutons qui, selon un usage probablement de la plus haute an tiquité, y paissent l'hiver et au printemps, en attendant la saison d'être menés sur les Hautes- Alpes, dans des pâturages plus abondants et plus frais.
Mummole était probablement à la cour de Contran, à Mâcon, ou dans quelque autre des villes du nord de la Burgondie^ Iqrsqu'il fut informé de celte triple invasion; il accourut avec sa rapidité ordinaire pour la repousser. 11 avait le choix de marcher contre Zaban, campé sous Valence, ou contre Rbodane qui assiégeait Grenoble ; il se décida à attaquer d'abord celui-ci, comme étant le plus rapproché des Àlpes, parce qu'il se donnait par-là une forte chatioe de couper le paissage de ces montagnes^ Zaban,qui s'en trouvait assez éloigné.
Rhodane et les Lombards étaient cianipés sur la rive gauche de l'Isère, ce qui leur donnait pour défense le cours rapide et profond de celte rivière. Heureusement pour Mummole il découvrit un gué à une' distance oôfivenable^ au-dessous du Camp lombard, de sorte qu'il passa l'Isère sans être inquiété et marcha droit à l'ennemi. Celui-ci avait été averti là temps et sortit de son camp en bataille pour le "recevoir. L'action fut vive, mais la victoire n'abandonna point Mummole; les Lombards furent taillés en pièces. Rhodane, blessé d'uii coup de lance^ ëiitr peine à se sauver, avec cinq cents hommes, sur- des hauteurs escarpées et 'couvertes ^e n. i3
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forêts dans lesquelles il s'enfonça et <lisparut aur yeux des vainqueurs.
Dans sa position désespérée , ce chef prit énergiquement Tunique parti qui lui restait; il se dirigea sur Valence 9 dont il n'était éloigné que de deux mardi eS; et alla porter à Zaban^ campé devant cette place y l'annonce de sa défaite et du péril commun.
Ces nouvelles frappèrent Zaban de terreur; il leva ' le siège de Valence et reprit à grandes journées le chemin de l'Italie , après avoir néanmoins achevé de piller le pays circon voisin.
Il est à présumer qu'au moment où toutes>ces choses se passaient y la saison était peu avancée et que plusieurs des défilés des Alpes étaient encore impraticables pour une armée chargée de butin. Celui du Mont-Genèvre, de tout temps l'un des plus faciles, était pour lors, à ce qu'il semble, le seul praticable sans trop de dangers. Ce fut pour le gagner que Zaban et Rhodane descendirent vers Avignon et prirent, le long de la Durance, la route qui y conduit. Mais S/.ummole avait bien calculé leur marche et avait la moitié moins de chemin à faire qu'eux pour venir de Grenoble leur couper, où il voudrait , la route du Mont-Genèvre. Il se trouvait à Embrun , avec une forte armée, lorsque les Lombards se présentèrent devant cette ville. Pour passer outre il fallait livrer une bataille et la gagner; ils la perdirent; il n'y eut de tout leur corps que les chefs et un petit nombre de soldats qui parvinrent à s'échapper. Tout le reste fut taillé en
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pièces et. leur butin resta péle^^méle avec leà morts sur le champ de bataille. * *
Arrivés à Suze , Zaban et les débris de son armée se croyant dosormiais en sûreté , se flattaient de prendre quelque repos; mais Mummole, qui se complaisait à pousser à l'extrême la terreur qu'il leur avait inspirée, ne leur laissa pasce relâche. Ne pouvant les f poursuivre jusqu'à Suze, qui était alors censé appartenir à l'empereur d'Orient, il y envoya nn de ses esclaves avec l'ordre de répandre le faux bruit de son approche. A ce bruit^ Zaban et les siens, repris d'épouvante, se remirent} en fuite et se dispersèrent de divers côtés. - ■ '
Amo , le troisième chef de Texpédition lombarde, dès les premières nouvelles qu'il eut des rever^dè ses deux compagnons, se mit en retraite poxïr ne pas éproirverle même sort. Mummole Fatlendaîlt probablement aUAsi lui, isur la route du Mont-iQcN nèvre; ni^s Amo préféraiés risques d'util mauvais passage dès i^lpes à ceuk d'une bataille^ 11 se Tetira^ on ne sait par quel défilé^; nraîs il ne' fût guère pluà heureux que jRhodane^« 'Zaban. Ge que ceux-<^ avaient perdu à combattre , il le pepdit à travers ies précipices, les torrents et les neiges des Alpes; ihj laissa tout son :fautin: et. le plus grand nombre de ses guerriers. Ce'fàt encoredà une victoire dp Mum^ mole y puisque c'était lui qui^ Jjar^ies manoduvres et par la ierrèur de -isesso-mes, avàit.Téduit leobcf kndi{ffd>à' tenter line voië^si danj^eréuséj, 'n. : -f[. Cettei^atk!Îème.093 cibquièine inyasiond^'lom-
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bards dans Tempire frank fut la dernière. La lutii des deux peuples ne finit pas là; mais c'était sur h sol même de l'Italie qu'elle devait se continuer, et h résultat en fut en quelque sorte décidé d'avance paj Mummole»
Quoique étrangères à la marche intérieure de h conquête et du gouvernement des Franks dafis 1; Gaule, les expéditions dont il s'agit s'y rattachen d'une manière assez positive , en ce qu'elles four nirent au patrice victorieux l'occasion d'acquéri la haute renommée qui en fit, comme nous verron par la suite, le personnage politique le plus acCi et le plus influent de son époque.
Tandis que Mummole défendait glôrieusemecrt 1 Burgondie contre lés Lombards , une autre giierr beaucoup plus horrible, beaucoup plus complex dans ses causes et dans ses suites, éclatait, aii Non de la Gaule, entre Ghilpérid et SigeberL Ce^ deu frères étaient Tun et l'autre si enclins à cette guerr qu'ilimporte fort peu dé chercher lequel. des deu fut l'agresseur. Dii reste il paraît que ce fut Ghil péric qui, maître jusqu'à un certain point de choi sir le théâtre des hostilités, le choisit en Aqui taine.
C'était là dans la politique des descendants de Cl^ vis un parti tout nouveau dont l'histoire n'expliqs. point les motifs , et ce parti fut pour les Aquitai 1 la cause des calamités les plus grandes et les pLi diverses. Nous 'allons ivoir pendant lonig^temps --cy peuples employer à faux ^ les uns contee ^s antr^
reneige et les forces qu'ils avaient jusque la essayées ou tenues ep réserve contre leurs conquérants.
La guerre dont il s'agit commença en 673 par l'invasion de la Touraine et du Poitou. Ces deux pays appartenaient^ comme on s'en souviendra, à l'Aquitaine austrasienne. Chilpéric les fit occuper l'un après l'autre par une armée de Franks, auix ordres de son (ils Clovis. Gontran n'était pas immédiatement intéressé à cette violence de Chilpéric; il crut néanmoins devoir prendre parti entre les deux adversaires, et se déclarer pour Sigebert, avec lequel il conclut une alliance dont le résultat fut l'envoi en Aquitaine d'une armée de Burgondes et d'Âustrasiens, chargée de remettre la Touraine et le Poitou sous l'obéissance de Sigebert. Le patrice Mummole était déjà dès lors célèbre; il venait de repousser la seconde invasion des Lombards dans la Haute -Provence, et dans un intervalle où sa présence ne semblait pas nécessaire en Burgondie, on lui donna le commandement de celte armée austro-burgondienne, envoyée en Touraine et en Poitou contre le fils de Chilpéric.
Les détails manquent sur cette nouvelle expédition de Mummole ; tout ce que l'on en sait , c'est qu'elle fut heureuse comme toutes celles où il commandait. Clovis fut battu en Touraine et obligé de fuir; mais au lieu de repasser la Loire , il se retira à Bordeaux, l'une des villes de son père, où il iîit quelque temps tranquille et en sûreté; Mummole, après avoir exigé des habitants de Tours un
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nouveau serment de fidélité au roi Sigebçrt/se dirigea sur Poitiers y pour y. faire la même justice.
Là conduite des Poitevins en cette rencontre est à remarquer. Il parait que l'échange qu'ils avaient fait de la domination austrasienne pour celle de la Neiistrie leur avait été agréable; peut-être même avait-il été la suite de quelque mouvement ou de quelque intrigue de leur part. II est au moins difficile d'expliquer autrement ce qui se passa dans cette ville lorsque Mummole s'y rendit pour la soumettre de nouveau au roid'Âustrasie. Les citoyens, bien que réduits à leurs propres forces , avaient résolu de lui résister; ils sortirent en armes à sa rencontre, pour lui livrer bataille, sous le commandement de Basile et deSyagrius, deux personnages puissants parmi eux , et probablement deux de leurs chefs municipaux. L'action fut vive et sanglante; mais les Poitevins, qui n'avaient pas même ^our eux l'avantage du nombre, furent en^ veloppés de toutes parts et horriblement battus, Mummole entra à Poitiers sur les traces des fuyards , ety ftt, sans autre obstacle, reconnaître Sigebert pour roi. Ce fut sans doute lui qui établit ou rétablit alors dans cette ville y en qualité de duc ausitrasien, ce même Gondebaud que nous y retrouverons tout à l'heure.
Peut-être Mummole prit-il aussi dans cette campagne la ville de Cahors , qui dépendait du royaume de Neustrie, ou peut-être cette ville, mécontenlie dM gouvernement de Cbilpéric, pro.faa-t-eUe du
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momeot où celui-ci était battu en Aquitaine pour sedociner à l'un de ses deux adversaires. Toujours paratt-il qu'elle profita de Texpëdition de Mummole pour changer de souverain.
Les victoires de l'heureux patrice en Aquitaine furent suivies de quelques tentatives pour le réta'* blissement de la paix entre Sigebert et Chilpéric. Contran retrait à Paris un certain nombre d'ëvéques pour délibérer sur les différends des deux frères et y mettre fin par leur décision; mais cette assemblée se sépara sans avoir rien prononcé ou
sans avoir été écoutée.
Ce fut probablement alors que saint Germain , évéque de Paris , écrivit à Brunehaut une lettre qui nous est restée et où le saint exhortait la reine à faire usage de son crédit sur Sigebert pour le détourner de la guerre. Il y a dans cette lettre quelques expressions d'une franchise assez noble qui commençait à devenir rare , même de la part des évéques, et d'une tristesse qui peut passer pour Qn reflet de celle de tous les hommes un peu cultivés à des époques si violentes et si barbares. « Bien que ces contrées soient déjà faites au malheur , dit Saint Germain, et que nous touchions désormais à tiotre complète destruction , je n'aurais cependant pas désespéré de voir la miséricorde divine suspendre encore ses châtiments dans l'attente de tiotre amendement, si ce n'était le règne absolu de ces volontés qui engendrent la mort, de cette cupidité, racine de tous les maux, et de cette fu->
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reur qui anéautit tout sentiment de prudence. » On ne sait pas quel effet cette lettre produisit sur Brunehauty ni par elle sur Sigebert; mais il est à noter que ce ne fut point celui-ci qui recommença les hostilités; ce fut encore Cliilpëric. Il eni^oya une nouvelle armée en Aquitaine pour y reprendre les villes et les pays que Mumuiole venait de lui enlever, et donna' à Tainé de ses fil^, à Théodebert, le commandement de cette expédition. Elle fut remarquable par la barbarie avec laquelle s'y comportèrent les Franks de Neustrie. Ils s'y montrèrent beaucoup plus indisciplinés et plus inhumains que ne l'avaient été les compagnons deClovis , quand ils avaient conquis ce pays sur les Visigoths. Tours, la première des villes de l'Aquitaine censées ennemies qui se rencontrait sur leur passage, fit quelques démonstrajtions de résistance et leur ferma ses portes. Ils se répandirent alors dans les campagnes, détruisant tout par le fer ou par le feu , et ils avaient déjà fait un désert hideux d^me grande partie de la contrée lorsque Tours se rendit à eux pour éviter la dévastation du reste.
Des bords de la Loire les Neustriens marchèrent sur Poitiers où ils trouvèrent le duc Gondebaud, qui essaya de les arrêter avec les milices du pays. Il n'était pas à présumer que celles-ci, rentrées à contre-cœur sous la domination de l'Austrasie, combattraient avec bravoure pour y rester; elles se défendirent mal et se laissèrent aisément mettre ru déroute; maia elles eurent bientôt sujet de i'en
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repentir. Les Neuslriens entrèrent à Poitiers coihnie dans une ville prise d'assaut et y massacrèrent une bonne partie des habitants; ceux qui restèrent rer connurent de nouveau Chîlpëric pour maître.
L'expédition des Neustriens ne finit point là ; ils se répandirent dans d'autres parties de l'Aquitaine, portant partout la même épouvante et les mêmes ravages, incendiant les églises après les avoir pillées, massacrant les prêtres, dévastant les monastères, pourchassant les moines, violant les^ religieuses, et, selon Grégoire de Tours, suscitant partout à l'église une persécution pire que celle de Dioclétien. Parmi les provinces de l'Aquitaine où les Neustriens firent alors le plus de mal, on cite le Limousin et le Quercy. Le premier appartenait àSigebert , et il était tout simple qu'il fut dévasté. Il semble qu'il n'aurait pas dû en être de même du Quercy , qui faisait partie des domaines de Chilpéric; mais il y a tout lieu de croire que ce dernier pays avait donné aux Neustriens quelque prétexte d être traité avec barbarie, et c'est le fait même de ce traitement qui m'a induit plus haut à conjectut^er que Cahors s'était un moment soustrait à la domination deChilpéric, durant la campagne de ^ummole.
Pour ce qui est des villes de l'Aquitaine burgon-
^ienne , l'histoire ne dit point expressément qu'il
'Jr en eût aucune d'envahie par Théodebert ; mais
il résulte implicitement de divers faits, qui trouve-
ï*ont leur place ailleurs, qu'il dut s'emparer a^
moins d'Àbgouléme, et que ce fut même là ou près de là qu'il s'établit avec son armée pour veiller à la garde de ses conquêtes et attendre les événements.
Le temps où ces choses arrivaient en Aquitaine était celui du passage en Provence des deux cent mille Saxons qui^ aux termes de leur convention de l'année précédente avec le patrice Mummole,. devaient retourner dans leur pays. Cela explique pourquoi Contran n'envoya point alors d'armée outre Loire. Quant à Sigebert, il ne lui était pas facile de faire la guerre en Aquitaine. Plus il avait;, besoin des habitants du pays et moins il pouvait: compter sur eux. Il lui fallait presque nécessaire— ment, pour la moindre opération militaire, ofien* sive ou défensive, y envoyer des Franks d'Austrasie, ce qui était toujours long à cause des distances et impossible dans le cas où il était, brouillé à la fois avec le roi de Neustrie et avec celui de Burgondie, car il ne pouvait arriver à la Loire que par les Etats de l'un ou de Tautre. Quelque importance qu'il attachât donc à ses possessions en Aquitaine ^ il ne prit alors aucune mesure pour les défendre directement; il se contenta d'y envoyer, avec le titre de duc et un petit corps de troupes austra^ siennes, un de ses leudes nommé Sigulfe, dont Isl conduite peu connue présente quelque chose d'assez mystérieux.
Nous avons vu que le fils de Chilpéric , Clovis ^ chassé de Tours par le patrice Mummole, s'était
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réfugié à Bordeaux où il se croyait en sûreté. Au lieu de chercher d'abord à reprendre les villes ré* oemment conquises par Théodebert, Sigulfe se jeta sur l'Aquitaine neuslrienne et s'empara de Bordeaux y où il prit Clovis au dépourvu , si bien qu'il l'en épuisa , le pourchassant comme un cerf a.ux abois ^ dit Grégoire de Tours ^ et resta maitre de la ville et du pays. L'histoire ne dit pas ce qu'il y fît ; mais il y eut vers cette même époque , dans lç| partie méridionale de l'Aquitaine neustrienne, Vin personnage de même nom que lui et qui a bien l'air de n'être pas autre que lui , lequel essaya de s^e faire déclarer roi indépendant de toute la coa^ trée jusqu'à Toulouse inclusivement et périt pres^ cjue aussitôt dans son ambitieuse tentative. Malgré l*impossibilité 4e rattacher ce fait par des détails ^ l'histoire des Aquitains, je le cite comme remàri^uable en lui-même et en preuve dé la disposition oonstanté de ces peuples à seconder toutes les rél)ellions qui tendaient k les détacher de l'empire trank.
La querelle de Sigebert et de Chilpérîc ne pouvait pas se décider en Aquitaine. Dans l'impossibilité où était le premier de défendre immédiatement ^es domaines d'Outre-Loire, il était réduit à faire Xine guerre de diversion et à tourner ses efforts ^îontre la Neustrie elle-même. Dans ce dessein H appela à son secours les populations germaniques ^'Outre-Rhin qui lui étaient soumises. Elles accou-i «•urent avec empressement, attirées par l'espoiç^
du pillage^ et Tarinée austrasienne, doublée par elles, prît à grandes journées le chemin de la Neuïntrie, sous la conduite de Sigebert.
Informé de sa marche , "Chilpéric se hâta d'assembler ses forces, en même temps qu'il envoyait à son frère Contran un message pour lui annoncer ce qui se passait, Texhortant, au nom de l'intérêt commun , à se joindre à lui contre ces hordes de Barbares prêtes à ravager le centre de la Gaule. La demande de Chilpéric était dans les idées de Contran , qui y souscrivit sans hésitation et $ans délai. Une alliance venait d'être conclue entre les deux frères contre le troisième, lorsque celui-ci parut, avec ses Âustrasiens et ses Barbares, sur la rive droite de la Seine; mais il trouva devant lui, sur la rive opposée, Tarmée de Chilpéric prête à lui disputer le passage. Jugeant l'opération hasardeuse, il délibéra un instant et pensa qu'il y avait meilleure chance pour lui à menacer Conti^n, pour en obtenir de passer le fleuve en Burgondie. U fit donc un mouvement à gauche, vers la frontière de ce dernier royaume, et envoya demander à son frère la liberté de traverser la Seine sur ses terres, lui dénonçant, en cas de refus, qu'il allait fondre sur lui avec les terribles bandes de Cermains qu'il traînait à sa suite. Contran n'osa point braver la menace, et, par le même motif d'intérêt qui lui avait fait naguère agréer l'alliance de Chilpéric contre Sigebert , il accepta alors l'alliance de celuif pi contre Je premier.
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Sigebert passa doDC la Seine burgondieone où bon lut parut et lâcha ses hordes de Barbares sur les parties orieQtales de la Neustrie. Chilpéric apprit en même temps la défection d'un de ses frères et l'approche, de Tautre. Ne se sentant pas le cœur ouïes forœs de faire face à Forage, il se retira du côté de Ghartrejs, où Sigebert vint le chercher en lui proposant la^ bataille.
A cette proposition Chilpéric , de plus en plus alarmé, répondit par des offres de paix qui furentac* cueillies contre toutes les apparences. U s'engagea à restituer. sUr-le-champ à Sigebert tout ce qu'il lui avait enlevé en Aq^uitaine , à la condition que celuici se retirerait aussitôt avec ses'-Auxiliàires d'Outre- Rhin. Cette dernière condition dii traité n'en. était pas la plus facile à r.emplir. Les Barbares n'avaient suivi Sigebert que dans l'esppir de piller en toute liberté les contrées où il les menait , ^t les r^o- Xoyer san^ butin c'était leur .nûianquerde fpi^ Xâ ;t)lupart d'entre. eux s'en plaig^ir^pt hauteQ^6^('ii XsL face de Si^i^bert;rd'autreSy c^u^cqjuçls les.plaiû^ ^ô suffisaient :;pas et qui.ne,ivoulaî^ntrieq perdre ^ cette paix imprévue , sej jirépap^ifïent d^3. Ij^ <^mpagnes:ét dans les vUkig^ejâides'^ environs -4é Paris, lés pillèrent f- en epamepèrënt les habjijt4nl]& captifs^ apr^ quoi iU f y mirent lef^feu^-Celnf^fut qu'à force d'intrépidité et de fermeté que Sigabert réussit à modérer un peuceMe^^rd^WC d^ hrigandage etj à répiVoy^r au-delà dn.Rhip^.oe^i.pérÂïfm^ a«ixiliiiire3.f{ai Jt'^^aientpâààé si: folonfiiefs<>'I]Q)MtÇ(^
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ces choses arrivèrent dans le cours de Tannée 574* Chilpéric, en traitant avec Sigebert, l'avait joué; il n'avait voulu que se donner un peu de loisir pour se mieux préparer aux représailles. A peine donc vit-il les forces de son adversaire dispersées qu'il conclut avec Gontran une nouvelle alliance^ fit attaquer de nouveau les possessions de Sigeberl en Aquitaine, tandis que lui-même , envahissant l'Austrasie^ s'avança, le fer et la flamme àla main, jusqu'à Reims k . . '
Sigebert furieux rappelle en toute hâte ses leudei austrasiens et ses Barbares de Germanie. 11 forc< pour la seconde fois Gontran à rompre son allianoi avec Chilpéric, et, fondant de nouveau sur la Neu» trie , il vient camper sous Paris , d'où il se dispose à marcher contre son ennemi, résolu de lui livrer une bataille décisive. Chilpéric n'était déjà plus en mesure de l'accepter; tous ses leudes l'avaient abandonlié. Suivi d'un seul d'entre eux il court s'etifermer à Tournai avec ses enfants et sa femme Fi^édégoiide. La. Nétistrie est ainsi abandonnée ï SigebéPt qui, pour eti prendre- possession, n'^b»* soin que delà parcourir. Il cherche principalemeâÂ à «'assurer deâ villes' net des places situées sur les •fodrds -de la Seine , et descend le long «du Qetxvk jusqu'à Rouen ^ sans trouver d& résistance nulle part*" •- ''••']' • . "i ./ . •;.,:.':• ji[>
• Il y -eut dans ce bouleversement de ta Neuslnùe Un^ incidente remarquer, parce qu'il. signale clairâ' mèbtet enl j^nd les défiances réciproques des mis
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d'Âustrasie et de leurs leudes. Sigebert \oulut donner aux peuples d'Outre-Rhin les vilUis qu'il venait de conquérir en Neustrie, et peut-être les leur avait-il promises. C'eût été une sorte de révolution politique; c'eût été admettre aux bénéfices de la conquête et au rang de conquérants de la Gaule de nouveau-venus qui, bien que Germains de race, n'en avaient pas moiqs été jusque là les sujets des Franks. Les Âustrasiens ne le souffrirent pas; ils firent tant que la concession projetée n'eut pas. lieu. • •
De Rouen Sigebert revint à Paris, où Brunehaut le joignit avec ses enfants, pour mieux jouir d'un triomphe . qu'il ne tenait qu'à elle de regarder comme une vengeance de l'assassinat de sa sœur Galswinta. Ce fut Ik que les leudes neustriens entrèrent en négociation avec lui. Dans la position où ils sé.trouvaient entre les deux rois belligérants, iln'y avait pour eux que deux partist se rallier spoii^ tanément au vaincu et combattre avec lui pour leurs intérêts communs , ou traiter de. leurs intérêts personpels avec; le vainqueur en le reconnais* saqt pour maitrç..Ce dernier était de beaucoup le plus Qi^péditif et le plus aisé;, ce fut celui qu'ib prirent. Us offriwot à Sigebert de le faire roi dé Neustrie, à rcôndUioi^.de conserver sous liai Jtes terrée et. les offices qu'ils tenaient de .Chilpéric; et leur proposition fvt^ : iacc^ptée aussitôt que foite^ Sigebert leur dpnqa rendez-vous à Vitriac, du il hi conv^pw qb'il serait par eux prodamé roî appèë
loS RÈGNB
quoi l'on marcherait sur Tournai, qui n^était qu^à peu de milles de là, pour y assiéger Chilpëric. Il envoya en attendant des troupes devant lui pouf commencer le siège , et partit bientôt après pour Vitriac.
Les Neustriens le suivirent de près au rendezvous, et le jour vint où il devait être couronne» Là cérémonie se fit selon les usages gerrbaniques; on promenait Sigebert, élevé sur un pavoi, à travers l'armée neustrienne qui le proolaibait son chef, sous le titre de rdi. Deux jeunes Franks s'avancent, comme ayant des fonctions à remplir dans la cérémonie. Ils s'approchent de Sigebert, se postent l'un à sa droite, l'autre à sa gauche, et aussitôt le nouveau roi tombe, en poussant un grand cri, de son pavoi , frappé dans chaque flanc d'un long couteau empoisonné. Les premiers d'entre les siens qui accourent pour le soutenir le trouvent déjà mort Les deux assassins succombent au même instant, percés d'autant de coups qu'ils en peuvent recevoir, mais une mêlée, un combat d'engagé autour dé leurs cadavres ; d'autres sont frappés, sont égoi^iési^ et ce sont des amis de Sigebert. Charogesile^ soit chambellan et son favori, est jeté mort sur IflpGfu^ aièrè; un autre de ses leiides, ttti Goth, rk^mtfi^ Sigila, est traîné sur la place, horriblement dëchiré et laissé pour mort. Toute la fpiile qui rêifapliss&it le camp se dissipe en un clin'id'œil, et d^e tliiïtde sMjéts austtasiens, neustriensv-g^rmains qui, un uM^ment plus tôt , semblaient jouir de voir Si^bért