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sastre, battirent en retraite sur la Durancei et le général goth Ibhas déjtacha une partie de son armée à leur poursuite, tandis que lui-niéine|à la tète de son corps principal , passant le Rhône à Arles, sur la trace des Franks, marcha à grandes journées sur Garcassonne^ assiégée par ÇIoyIs.
Informé de ce qui venait de se passer à Arles ^ celui-ci ne jugea pas à propos de cpurir la cl^ançç d'une seconde bataille ; il leva au plus vite le siège de C^rcas^onne^ et, reprenant sa route vers le Nord, il ne s'arrêta quelques jours que sur les bor!4s de la Charente. Nous avons vu que les Visigqths possédaient, encore ^ le long de cette rivière, diversej^ places dont celle d'Angouléme était la plus forte. Cette pl^ce fut prise alors, et je crois entrevoir, d^ns qçrtajj^s récits de cette nouvelle conquête des Franks.de nouveaux indices du seùve d'intérêt qu(ej^lje..çjergé catholique de la Çaule ayait pris à toute cette guerre. Angoulême était une ville très fpr.te qui devait tenir long-temps ; mais Qqyis était, au dire . <^ . prêtres , un nouveau GédeQn dçyant leqiuel Ips murs de la place ^'écroulèreat 4'^uxmçmes^ Les Visigoths qui avaient voulu Içs d^ fendrp furent faits prisonniers ou égorgés, et. Clçh, vis^ ppi^rsuivant sa route vers; la Loire^ wfit plw halte qu'il Tours 2. . ^ , i
(i) Gregor. Tur. Hist. IL 37. GesU Francor. per Rovicooenu Histor. rer. francicar. tom. III. i S.
(a) Gregor. Tur, loc. cit.
Le lieutenant de Théodoric ne songea point à poursiliTre Clovis, ni même, ce qui semblait facile , à recouvrer une partie de l'Aquitaine. Il ëtait ftéoecdpé de soins plus urgents; il n'avait rien moind à faire' qu'à rétablir sur des bases nouvelles , la domination des Visigoths ébranlée sur toutes les ancieniies.
De Carcassonne Ibhas revint donc sur ses pas , du côté dé Narbonne , à la poursuite de ce Gesalic , qui venait d'usurper une couronne qu'il n'était pas capaHe de défendre.. Il le rencontra en Catalogne y le battit , le cbassa et rétablit sur le trône le fils légitime d'Alaric, le petit «fils de Théodoric dltalie^ auquel celui-ci avait envoyé pour tuteur TlHOt , im de ses ëcuyers ^.
Par suite de la défaite de Vouglé , la monarchie visigothique avait perdu avec sa capitale les quatre cinqulèofeg ao moins de son domaine dans la Gaule, où il né loi restait plus que la province maritime de la Septimanie. Néanmoins Théodoric, ayant à donner un nouveau siège au gouvernement visigoth 9 tie jugea pas à propos de le transférer en Espagne , qui appartenait alors , à peu près tout entière , à ce gouvernement. Il l'établit à Slarbonne, sans doute parce que les relations de l'Italie avec cette ville étaient encore plus faciles et plus fréquentes^ qu'avec aucune de celles de la côte orientale de là Péninsule.
(1) lomuuL dt rtl». get LYUf. — Isidori Chronic.
68 IliiGNE
Quant aux possessions des Visigotks^ etltpçje Rhône et les Alpes, Théodoric, qui pensait, les avoir conquises à ses frais sur les Bqrgondes.et sur Jes Franks, résolut, au. lieu de Ie$ joindre de.nou* veau au royaume de son petit-fils, «de les réunir à l'Italie.
Quels étaient les motifs de cette détermioati^n? Céda-t*il simplement à la vanité de recommeooer pour cette Italie, dont il se piquait de vouloir .resr taurer l'antique gloire, une nouvelle ère decoo-* quêtes? ou bien, inquiet des suites de l'établisse-, ment en Gaule d'un peuple aussi entreprenant que les Franks, d'un peuple qui à peine éti(b}i dans ses nouvelles demeures ^ menaçait déjà l'^eai^istienCâ de toutes les autres nations germaniqUesc arrivée^ avant lui au partage de l'Empire romain javaitf il résolu de contenir ce peuple dans certaine^ Umitês,. et pensait-^il que, pour y mieux réussir, il- devait posséder une partie de la Gaule? Je ne âai&^iinàisy quoi qu'il en soit de ses motifs, la résotiitibn de. Théodoric n'en est pas moins un incident ^notable de l'histoire du' midi de la Gaule sous les rapports de la civilisation.
A peine maître de la Provence Théodoric s!em-* pressa d'y rétablir, dans leur antique pureté, les formes de l'administration romaine. La .préfiscture de la Gaule ne subsistait plus; il fallait ;donc com« prendre la nouvelle province dans la préfecture d'Italie et y envoyer un vicaire subordonné au préfet du prétoire de Rome. Ce fut à un nommé
DE ÇLOVIS. 69
Gemellus queThéodoric conféra ce vicariat. On a encore la lettre que Cassiodore lui écrivait au nom du roi goth , pour lui faire part de sa nomination ^t lui tracer la conduite qu'il devait suivre dans son emploi. « Nous t'envoyons dans les Gaules ^ lui disait-il, comme vicaire de nos préfets; que celte province accablée trouve en toi un juge dans lequel elle reconnaisse l'envoyé du prince de Rome. Ses ffiàUieurs lui ont appris à désirer des hommes distingués; fais qu'elle s'estime heureuse d'avoir ^té vaincue , et n'éprouve plus rien de pareil à ce qu'elle a souffert avant de retrouvei* Rome*. »
kWL Provençaux eux-mêmes Théodoric faisait ou laissait dire par son secrétaire :
« Maint^iant qu'avec l'aide de Dieu vous avez recouvré votre liberté, revêtez, avec la toge, des mœurs dignes d'elle. Dépouillez -vous de la barbarie, écartez toute férocité de vos âmes, car sous l'équité de notre temps il ne vous sied plus de persister dans les mœurs étrangères. Etalez avec sécurité les richesses de vos familles et produisez au grand jour les trésors depuis long-temps ensevelis 2. »
Et ces belles paroles n'étaient pas tout ce qui revenait aux Provençaux d'être de nouveau proclamés Romains; elles étaient accompagnées de ménagements, de bienfaits et de sages mesures
(i) Çassiodori Variar. m. 16.
(a) Cassiodor. Var. III. 1 7.
yo RÈGNE
qui permettaient de les prendre au siériwK- Ainsi Théodoric exempta la nouvelle pravipce4'i|i)p^t:3y et, pour que l'armée des Goth^ lui fi^t moimi à charge^ elle était nourrie en grande partie de vivres envoyés d'Italiç. Ai|x Arlésiens, qui ayai^qt beaucoup souffert du siège des Frank^, il eovpya l'argent nécessaire pour la réparation d^ Içmr# remparts et leur promit des envois de vivres^. .
Marstieille fut Tobjet p^ticulier 4^ son ^U^tion. Déchue depuis long-temps.de tout ç^'qui avait fait sa gloire, tombée peu à peu du plus haut d^igré de la politesse et de ta cultiu^ gi^ecquçs dan^lea' commencements de bai*barie commune à TOpold^nt, cette ville n'avait plus riep qui la di&tittgUât dos autres villes gallo-romaines pçcupéjçs par l^ Barhi^res^ Théodoric lui r^pdit d'anciens privilèges dont iji ne lui restait qu'un triste et faible souvenir, et lui donna^ sous le titre de projtecteur» ua ofl^d^ qui fut chargé de réprimer l'i^^pl^nice dea hcMnmes puissants , de venir ai| secour/s des pauyreajt de leii^ faire rendre justice, en un mot, d'émpéchef toute sorte d'oppression *, .
Il semblerait que Tofficier ici désigné par le titre de protecteur ne puisse être pris pour un autre que pour le défenseur ordinaire de la curie; cependant il est certain que, même avant d'appartenir aux Yisigoths, Marseille avait eu upe çvu*ie ,quî,
(i) Ici. Epist. 22. Gemello. Epist. i^f^, Arelatensib.
(2) id. III :î/,.
DE ctovis. «yi
ayant ^raisembiâblenieDt suivi les mêmes révolutions qtie celles de laGàuIé, avait dû comme celles?çî finir pair être régie par un défenseur, %t nous savéâs d^iiUeùrs que, soUs k domination des Visi-> gothsr, rien n'avait été changé aux foimes de la curie. U y ir donc quelque apparence que le protedorâft accordé par^Théodoric aux Marseillais était Aine fiistittltion particulière en dehors du régime curiàl; mais quelle était précisément cette institution? c'est ce qu'il faut renoncer à isavoir.
Théb4<>ric, qui paraissait peu disposé à guerroyer cbiftre les Fratiks malgré les avantages. qu'il avait obtéftu^ ter eux, était au contraire fort résolu à pousser âtisâi loin qu'il le pourrait ses conquêtes sur leû ïiH^ôndes. Dès l'année 609 j- Avignon et plu^éorâ antres villes aii nord dé la Durancé étaient tombées eti son pouvoir ; d^autres y tombèrent un peu plus tard^.
Tels^ furent, en somme, pour lès. deux branches dé la natioti des Goths et pour une partie des 6allo««R'oinai|is méridionaux, les résultats de* la guerre entre Alatic et Clovis; Mais c'est surtout rtflatîvemeht à Clovis lui-Àiéme et aux pays conquis par lui qu41 serait important de constater ces ré^ sidtats, et c'^st maOïeureû sèment ici que téut est incertain ou VagUe et obscur.
La victoire de Voùglé donna à Clovis tout le pays
(i) Id. III. 38. Celle lelUe esl adrcssséc à Waiulila , gouverneur oslrogoih d'Avignon. , .
7a Ri^GJME
compris entre la Loire et la Garonnç, jufiquçimx frontières; de la Septimanie,. Ce pays/, qui av^it^t^ jusque là divisé en deux moitiés à peu prèségales^ Tune orientale, l'Aquitaine p^emièr^, et j['a¥^f^ occidentale, l'Aquit^ne s^co:nde9 ne figurera p)ug dans les récits subséquepts, que comtnp une siçw^ et méiuie conirée , sous le siniple nom d'^qi^lail^e* Maintenant que Qt Clovis dans ce pay^j.pQu^ Jf assurer et y ejiçerçec sa domination? C'est là C0,^%ik importerait le p]us de fi^voir et ce qu'ont le jnyoinsi songé à nous dire les bipgi*ap]ies ecclésiastiques; de doyis., ceux-là niéme qui ont tant célébré sa ;Cpi|quête. Il laissa un. détachement de Franks dans le; Bordelais et un autre dans ^a Saintonge^. A ces deux mots se réduisent tputçs les indications de rhistoire* sur les précaul^çns, de Clovis poui* s'assi^rer la, possessiQn et le gouvernement de l'Aquitaine.
Mais les conquêtes de Clovis ne se bornèrent pas à l'Aquitaine proprement d^e; elles s'étendirent au-djelà de h, Çaronne , et Top croit généralement qu'elles ep^v^ra^ssèrent tout 1^ pays entre le.ciours de ce fleuve et la chaîne des Pyrénéçs, c'est-à;-dire toi^te l'Aquitaine de César , alors npmmée Novem-r populanie. Ç'e^t une assertion qui ^ pour être vraie^ doit être , je crois , un peu restreinte.
Il est çerta^q qu'après la ^at^^lle deVouglé les habitants de la basse Novempopulanie, c'est-à-dire
(i) Gesta Francor. XVII. — AJonis ChronîcoQ.
DE CLOyiS. ^3
çei|x . des , dUpcq^s , :d.'Auch , , de Bazas ., et d'Ë«MZiev pa^reqt di^ia d^i^iimUon des YJsigotJtiS/^udiçelie de$^ra]^fc^>Le& ëveîjpes des ,trois, villes quç je viens ,d^?ppa(iniera6sistèreDl tpu$ les trois, en.Sii^ ^u.coiH^le convoqué à. Orléans sous tes auspices de,ClptVis^:Ç'^ une^preuve certaine iqu'iWavs^Dt reooin^u fe Tfoi pour leu^. souverain fftUUquç.
Qi|9f)fi£^::la.;b^jul^ NovempOpiilc^niQ, rien ne proiiye. /m^iellô se > fut' soumise à l'autorité de Clovis^ ^tiil^/a 4^s raisons pos^ives d'en dputert comme nous: te:. verrons un peu plus tard«
MaiiUenajQjt, quels; ahangements politiques resulr tèrent pourri' Aquitaine et la bassfe^^Noy^mpi^ulanie de leur p^^sage dq .gouvernement des Visigotfas à celui des Frfinks? Encore une question sur là* queHe je trqt^ve à peine quelques, mots à dire* Clo* vis nç fît saps doute alfOrs, dans le pays dont il s^igit, que ce que faisaient partout les cbefs conquérants des peuples germains ; il s'empara du- gouvernemedt général^ sans rien changer aux formes de ce gouverneipeqt: ni à celles de l'administration. 11 remplaça lés officiers visigbth^ par des officiers de race franke. Ce fut une révolution de personnes^ non dé choses ^ et même quant aux personnes la révolutioç ne fut-elle pas complète, puisque les Gallo-Romains furent maintenus dans la part-qu'ils avaient eue aux emplois et aux pouvoirs du gouvernement. •
Le changement moral qui résulta pour ces pays de la conquête franke fut à coup sûr plus important
74 RicoNé
et plus marqué que le changement politique. L^es Franks avaient été annoncés aux Gallo^Romains méridionaux comme des fibres en cathdBdsisne, comme des dominateurs avec lesquels rien ne les empêcherait de sympathiser , dont ils n'auraient rien à soufirir. Jamais promesse n'avait été pins fausse. Chrétiens de nom tout au phis, les'fVanks traitèrent l'Aquitaide, la Septimànie, I9 ProVence, toutes les paities de la Gaule qu'ils fraveHéi^nl datas cette guerre, comme ils traitaient tous les pays où ils entraient les armes à la main^ Ils pdrëtik i^t^ner (à et là les sujets çt les biens ^è quelques nbbaye^* fameuses , de quelques églises protégées par des saints de grand renoiù et par des cônsigiie^ rigouretises ; mais partout ailleurs ils pillèrent, ra-^ vagèrent et dévastèrent, comnfe auraient fait leurs ancêtres païens. I^s écrivains ecclésiastiques sem-* blent avoir dissimulé de lèuï* mieux ce côté tout barbare de leurs exploits; mais ce qu'ils en ont laissé de temps à autre , et comme par distraction , voir ou entrevoiir , n'en est que plus frappant.
Le nombre des captifs fut innoînbrable , dit l'un d'eux, et il en fut vendu partout^. Et ce ne furent pas seulement des laïcs que l'on tratna de tôUs côtés en servitude ; ce furent des clercs , ce lurent des prêtres, dont quelques-uns peut^tre avaient souhaité l'arrivée de ces Franks dont ils portaient
fi) Faeta est captivorum înoumerabiiis moUîtado qui dispersi p«r ngÎQStt §tnit dilatati. Cronîc. Mossîac.
DE GLOVIS. 7$
les fers. £o Sio^ o'esi-à-dire au bout de trois ans en^K que l'on avait eu$ pour tcafiquer de tant d'eaçlayesji pour les vendre loin ou près, à vil prix ou çher^ pour les fiiire ou les laisser mourir, il en restait encore un grand nombre dont on ne savait quçfrâre et dont Clovis abandonna le sort au jugement des ëvêques K-
Caasiodoiie , quand il parie dans sa chronique de l'expédition des Ostragoths en-H()eçà des Alpes , en donne pour raijson , non l'intérêt particulier des VÎHgotha, mais i'ii^érét général de la Gaule boule^ versée, dittil , par le pillage des Franks^. Enfin il esl: évident quej» sinon pour Clovis, du moins pour m ^errîera, ^œtte grande expédition contre les ariens ne fkil qu'une pure expédition de Barbares en quêle d'esdaves et de butin.
Edalrées par cette expédition sur la discipline et la Qukur9y sur rbumanité et le catholicisme des Franks^ les populations de la Gaule méridionale purent comparer oes nouveaux dominateurs aux précédeiïts. Les Visîgoths avaient, il est vrai, comme hérétiques, inspiré de vives répugnances à ces populations, et nous avons vu qu'il y avait encore parmi eux beaucoup d'individus enclins à mer violemment des privilèges de la conquête, ibis ils étaient, généralement parlant, humains,
(i) Chlodovei Re^is Ëpistola ad Ëpiscopos post b^llum goihie. de Captivis. etc. Scriptor. rer. Franc III.
(a) Contra Francos a domino nostix> destinatur exercitus, qnîl Oallias, Fraocomm depnedatione confusas, suo adquisivit înperîo»
policés jusqu'à' un certain pidint etcUspcmës àvivre ifratevfaeiienieht àyec les anciens habiltaiitf du papys. 5aqs savoir uqeidéé bien nette de sa portion* diffiicilë et •compliquée y le gouvernemeht vifi^goth était iâssez éttladré pour kuivre dans sa conduite, des ^règles 'générales d'ordre et! dejustièe, ettron qe peut guère douter que la société n eût repris sous •Ibi tiné certaine sécurité, jet commencé à sêrefàire iau moins des ravages matériels des premièreaibvasibns et diss premières conquêtes gérmaniques.> :
'Conquérants nouveaux, les franks ne. pouvaient f[agner à être comparés à leurs deyanciers. Il ne fallut :aux Gallo^Romains méridionaux que les avoir Vus de près pour concevoir pour eux plus de haine «tfdé répugnance qu'Us n'en avaient jamais eues pour l'hérésie des Visigoths'; et comme les nouveaux conquérants ne s'étaient point établis en masse dans le pays à la place des plumiers, l'aversion doflt ils étaient devenus l'objet en avait d'au* tant plus de chances de se manifester librement,
dé se transformer en opposition active , en vérita-
ble lutte.
Il ne se trouva dans la Gaule entière qu'une seule classe qui eut lieu d'être complètement satisfaite, des succès des Franks dans le Midi; ce- fut le clergé catholique. Indépendamment de l'extin^ lion de Tarianisme dans l'Aquitaine, dans la Novempopulanie et la Provence, qui en fut la suite immédiate, beaucoup d'églises de la Gaule franko eurent une riche part au butin de la conquête.
DE CUïVIS. 'JJ
• A>beiina&iâe retour de sonheureuse esipédit^on y
Glovis reeût àToui^, de reraj^ereur. d'Orient. An»»**
tase, le titre de patHfce ou de consul ^ car il y;:a
quelqae inoerdtude à cet égard. La cour de Cc^iisH
tantinople qui ^ nous: l'avons déjà vu et le veiToàs
encore ^ n'avait pas perdu tout espoir «det^tablÎT'
son autorité sur la Gaule tombée au pouyoir; de»]
Sarl^ares 7 donnait volontiers aux chefs teniDÎnmés
de ces- Barbares des titres qui semblaient les attat;
cher à l'Empire, jet nous ^vons que les mexieiiisr
(lu:<d6fgé^ gallo-romain secondaient de leur.bûeiixr
celte politique*. , »'m.:
Âui&si relise ne Inanqua-tTelle pas.d^interViemr) solennellenJenk dans le cérémonial avec Isqiief' Clovis fut investi du titre de patrice, au Bom)de> 1 eûsipereur Anasta^e. Vêtu de la cblainydey en:tii^j nique ;blcye jet le diadème sur le front , il sostit dcf*. l-église Saint-Jtf arti»', à 1^ porte detlaqueUe ililnoptiil à cheval pour ^traverser une grande;.pai!t^e>de[lal ville ^ entouré d'une foule imâiensè i daqueUdi il» jetait l'or et l'argent à poignées?.. .•./.f\\:: , . :: îv
Le surcroit de renommée et de pouvoir» qui >Dék) vint àGloviS;de sontéxpédftîoni danc^leMftlF.lfull) peut-être ce qui l^enfaardit: iç ^lus .aisx> ^mesund^ ) énergiques ipar: lesquelles il àfieionMtdéfinitfiivQâiânll) sa daminatk>]ii jusque lànexppsée à plus d!un périL i Cette domination qtût déjà ■ tnès^ !Va^te ; elle;^(3ie.
(i) Gregor; Titf i Ht«L II. 38.
(i) Id, loc. cit.
çamprenait guère moins des deux tiers de la Gaulé. Les services du clergé ayaient efficaeeiuent suppléé au peu de forces militaires avec lequel il avait fait ces conquêtes; mais ces conquêtes une fois faites, il fallait pour les garder ime force réelle et constante, supérieure à celle dont Ctovis gavait peu disposer jusque là.
Je Vm dit maintes fois, et il ne faut point le potr* dré'de vue; Clovis, en pénétrant comme conque* irnnt «dans k Gaule, n'avait eu k lui qu'une seule tribâ franke, tribu qui*^ tout autorise à le présumer, n'avait été d^abord ni très nombreuse ni très dévûuéeé il est seulement plus que probable ^u^'à mesure qa^ Clovis avait grandi en gloire, et en. pouvoir^ .sa. peuplade avait dû aussi se nuiltiplier^ se anenfotcier et se prêter plus docilement à seb ivuesi le jèc saurais douter qii'à l'époque de redqpéditioo CQntré Alaric elle na.fùt de beaucoup la {dus puissante de toutes, iselles'de la même race étaUies; dès lors en Gaule.
Mais, faibles ou foûrtes, ces. tribus subsistaient f elles vivaient. et agissaient sous desdbiefsindépend&nltsi djÉ Clihvis et très probablement jaloux <dé hiL Chacnoideees ehe£s prenait, comme Clovis^ le tjitre de:roî; chacun 'donnait^ ainsi que lui ^ le nom de rdyautne à la portion- quelconque de la Gaule qu'il oooupait et gonvemait, n'importe à quel titre. Nous avons compté quatre de ces petits royaumes franks, distincts de celui deft Franks mérovingiens.
et nous savons qu'il en existait d'autres que l'histoire n'a point spécialement désignés.
Si inférieure que chacune de ces diverses tribus conquérantes prise à part pût être à celle de dovis^ il est plus que probable que toutes ou seulement plusieurs d'entre elles réunies devaient être aussi fqrt^ que cette dernière et pouvaient dans l'occasion former contre elle des ligues dangereu* ses^ La première condition de durée et d'accroissement pour la puis^ancç de Clocvis^ ou généralement de toqt^ .puissance franke dans la Gaule , c'était la fu&ion ep une seule masse compacte , unie d'intérêtft^t d'affections, de toutes ces peuplades jusque Ià:(}î&UjQp^ ^Vîsplées.
Plus que personne convaincu de l'urgence de cette fusion ^Clovis se chargea de l'opérer, et la manière dont il s'y prit pour cela est sans compar. caispn la partie.la plifs importante ejt la plus.carao tériçtique de son histoire. Je laisseiai raconter la cho3e par Grégoire de Tours , et le lecteur décidera lui^m^piej si.^Ia.ltlt convient ^ ce qu'il y a ici de plu^ étngage e^.de plus barbare de l'^véïiement ou ditirépît^ de l'historien ou du héros. Voici tout le. pasfi^e de Grégoire traduit aussi UttéralemcQt que
jer^pi^^.. .; j;,-,vi , .;:: .... ■ . . .
«'jpa^4i9^ qu^J^.roi Clovis faisait §a demeuire à Pari^ il ^çQivoy^ i(lif*e secrètement . au fils de Sig^n bert :ic YqJLlà qqe tpn pèireei^t vieu^^ et boiteux,; s'il mourait} son royau^ie te reviendrait de droit avec mon aviitié< p Sur quoi celui-ci, pris du désir
cte if^llër, pibjdte détuersoti'pêre. Sîgibfert'étJàiie donc sorti de Cologne , ayant îvayersé lé 'Rhitî dàn^' riiitention de parcourir la fbrêt bucônîeti'néiôt setant endôrtni à inidi^ns ^t^ntë;'$on fil3 eiii/àj& dek hommes pônrle fràppèi:, eff 'lè"fit ^pérft là/ croyant s'emparer de sdri roybtttiife.* Mûls^ etti vertti' du: jugement de Dieu , il tomba'lui-^inéhdé dànârl^' fosse qu'il avait 'raéchanimeAt irt'éuséè à èoh père:
Il envoya au rar Clovis des messagers pob^ lui annoncer la mort de Sîgibert en ces tetmes : a Moû père est mort, et je suis en pdsl^éssio^ dé sdn royaume et de son trésor. Envoief^thoî de tesfeôm*= mes, et ce qui te plaira de ce trésor je teTenvênttS (par eux) de bon gré.— Je tereméi^îe dèfabôbhë' volonté', répotidit CÏovis , et te prie ^ulettiefnt dé montrer à ceux que je t'envoie fettésok^ dbbt' tu4^s rester possesseur. » Le filsdéSijfiîyert moîa-' tra doucle.trésityr de son père àux'eiï?6yés,^ttàw-^ dis que cfeux-ci considéraient toute îihosè 'r ri Védfcî jleur <iit41,îe coffre dans lequkltftoiiiièi-ô toettàit se& pièces'd*or. — Plônges-y la ttlaîik jùàqu'àUftitad} lîFi^direht-ils/afiiVde t'àssurer qu'il' n/*;^ résfe rfeiriiW; C^èstcé qu'il fit, et s'étanl (pour cek) pëndli^'lrè»!» bals,' un des envoyés ; "la main ■ léVéé^^ hiî 'fràpf^^lèi crâne de sa hache, et Tindigne reçut ainsi^^fpri^î, de ce 'qu'il "avait fàh à son père: CloViS,' a^yp^i^éftaliit qtie^Siêîbertet'son' fils venaient d^êtiré'tUféS, îét«*ri^« vôfit'iuria' place, convoqua tout '^éWr pëi/plé àli*** rpiel'il dit-: i^Ècoutëk ek qut'èst àrt«ivé. t&ÉfdiéPqûë' je » naît iguaris sur le fléU Vé dé' rÈscati t V Clddôric j ié
D£ cLovis. 8r
fils de mon parent (Sigibert) , était à la poursuite de son père y répandant le bruit que je voulais le tuer. Tandis que Sigibert fuyait à travers la foret buconienne, Cloderic a envoyé contre lui des bandits par lesquels il Ta fait tuer, et lui-même, tandis quil visitait les trésors de son père, a péri, frappé par je ne sais qui. Je ne suis pour rien en tout cela; car je ne saurais verser le sang de mes proches, cela étant une action coupable. Mais enfin, puisque la chose est faite, je vous donne un conseil, si vous le trouvez acceptable. Souraeitez-vous à moi pour que je vous défende. » Eux tous, là-dessus, approuvant le conseil par leurs acclamations et par le choc de leurs framées , élèvent Clovis sur un bouclier et rétablissent roi sur eux, de sorte qu'il les eut 80US son pouvoir, aussi bien que le royaume et le trésor de Sigibert. C'est ainsi que chaque jour Dieu abattait ses ennemis sous sa main, parce qu'il marchait d'un cœur droit devant lui et faisait ce qui était agréable à ses yeux.
« Après cela, Clovis se dirige vers Chararic; dans la bataille contre Syagrius, Chararic invoqué comme auxiliaire s'était tenu à l'écart, attendant l'événement et sans se déclarer pour personne, afin de faire ensuite amitié avec celui des deux à qui resterait la victoire. Indigné de cela, Clovis marcha contre lui, et l'ayant fait prisonnier par ruse lui et son (ils, il les fit tondre tous les deux, et fit ordonner l'un prêtre et l'autre diacre. On rapporte que lï. 6