LIVRE II.— CHAPITRE 1. H
alliance, et il pouvait compter sur la plupart des nations sarmates : il commença donc la guerre.
Il fondit, comme un orage soudain, sur ces belles colonies pannoniennes, objet de son admiration; et s'il ne lui fut pas permis, comme il l'eût souhaité sans doute, de les transplanter avec lui dans les vallées des Garpathes, il revint du moins chargé de leurs dépouilles. En plusieurs rencontres, il battit les généraux de Domitien, puis Domitien lui-même, qui se hâta d'acheter la paix, pour aller triompher au Capitole des barbares qui l'avaient vaincu K
Cette paix convenait à Décébale, dont le matériel s'épuisait et à qui l'argent manquait : Rome lui fournit abondamment l'un et l'autre -. Une seconde agression mieux combinée encore que la première allait éclater, lorsque Trajan monta au trône des Césars. La lutte dura cinq ans entiers entre le roi sai'uiate et un des plus grands généraux du monde, disposant de l'empire romain dans toute sa vigueur. Mais la science et le courage discipliné l'emportèrent. Poursuivi de champ de bataille en champ de bataille, traqué dans sa ville et jusque dans son palais livré aux flammes, plutôt que de se rendre, Décébale, en vrai Romain, se perça de son épée ^ Il avait, quelques jours auparavant, terminé son rôle de Rarbare, en faisant creuser pour y enfouir ses trésors le lit d'une petite rivière qui baignait !e pied de son pa-