V. ci-dessus, livre I, ch. i
'2. Caucliis crumpoutibus restitit tumultuariis auxiliis provincialiuni. Spartian., Did. .lui., GO.
3. Catti in Germaniam ac Rhetiam irruperant. J. Capitol., M. Anton.,
4. Eodem temporc multi Gernianorum, qui trans Rlienum incolunt, vencre usque ad Italiam. Dio, i.xxi, 3.
les Alpes Juliennes, marchaient sur Aquiléo, et attaquaient rilalie du cùté de Torient'. Sous ce déhige de barbares, la Dacie romaine avait disparu ; les colons s'étaient dispersés; les travaux de soixante ans avaient péri ; des Goths, des Vandales et des Alains campaient sur cette ruine si prompte d'une civilisation à peine ébauchée.
Il y avait de quoi trembler : depuis les guerres cimbriques, on put même dire depuis Annibal -, rien de pareil n'avait menacé Rome. On épuisa tous les moyens de salut ; on arma les esclaves, les gladiateurs, et jusqu'à des bandits qu'on amnistia ^; tandis que Marc-Aurèle, faisant vibrer les seuls ressorts qui remuassent encore fortement les âmes, multipliait les expiations religieuses, et appelait même à son aide les superstitions étrangères, remède énergique, souvent efficace dans les circonstances désespérées *. Cependant la famine et la peste apportée d'Orient par les troupes de Vérus se joignaient à la guerre; et la contagion, se communiquant à l'ouest des Alpes, promenait ses ravages dans toutes les Gaules '. 11 fallait une âme comme celle de Marc-Aurèle pour ne point se laisser abatti'e, et soutenir, par ses propres forces , un grand peuple épouvanté. 11 envoya Aulidius Victorinus dans les Alpes gauloises repousser les Cattes et les balayer ensuite de l'Helvétie et de la Séquanie, où des troubles civils succédèrent bientôt à la