‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 107 sur 353 · LIVRE II.-CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II.-CHAPITRE I

guerre * ; lui-même fit rebrousser chemin aux Slavo- Germains qui débouchaient sur Aquilëe, et alla s'établir à Carnuntum,

Ce ne fut pas une guerre, ce furent vingt guerres qu'il eut à soutenir, pendant les dix années (de 170 à 180) qu'il resta sur les bords du Danube : vingt peuples successivement essayèrent leurs forces contre les siennes, furent repoussés ou se soumirent à lui. On put voir déjà, par son exemple, quel rude métier c'était que ce métier d'empereur romain aux prises avec la barbarie pour sauver la civilisation du monde ou périr avec elle. Obligé de faire face aux attaques sur presque tous les points à la fois, il passait incessamment du Danube au Rhin, et du Rhin au Danube, opposant comme une barrière mobile à chaque flot d'envahisseurs, et refoulant ce débordement sur lui-même. Une politique habile, sans cesser d'être honnête, vint en aide à ses armes; il employa, pour diviser les barbares, l'argent, les avances flatteuses, et jusqu'à des distributions de terres dans les cantons dépeuplés des provinces et de la haute Italie -. Sa fidélité religieuse à tenir ses moindres engagements frappait les barbares de respect, et les rendait loyaux à leur tour^ Contre les Marcomans et les Ouades , les plus acharnés de ses ennemis , il recourut aux moyens extrêmes •. il chassa les premiers dans l'intérieur de leurs montagnes; il prit les seconds par la famine, les empêchant de semer et de récolter, enlevant leurs troupeaux, ne leur laissant ni

1. Contra Cattos Aufidius Victorinus missus est. — Res iii Sequanis turbatas, censura et auctoritate repressit. J. Capitol., M. Anton., 25, 32.

2. Plurimis in Italiam traductis. Id., ibid., 31, 32. — Dio, l\\i.

Page 1