CHAPITRE II
M^rin tue Caracalla et lui succède. — Le sénat veut l'entrainer dans une réaction occidentale ; ses incertitudes et sa faiblesse ; il est renversé par Élagabal. — Double restauration de la famille de Sévère et de !a suprématie de l'Orient.' — Extravagances, débauches, crimes d'Élagabal ; il est emporté par une révolution de palais. — Vertus précoces d'Alexandre Sévère ; son excellent gouvernement; il veut détruire l'opposition du sénat et de l'armée. — Mécontentement des prétoriens. — Guerre de l'Empire contre les Perses; invasion des Germains dans les Gaules. — Les peuples Gaulois conspirent contre Alexandre ; dissensions dans l'armée ; révoltes parmi les légions rhénanes. — Maximin empereur; Alexandre est assassiné à Sicila. — Anarchie des troupes gauloises ; conspiration contre Maximin. — Il passe en Germanie; ses succès militaires; ses cruautés. — Le sénat fait soulever l'Italie et la Gaule contre lui. — Les Gordiens, Maxiraus et Balbinus. — Le sénat gouverne avec des formes presque républicaines. — La Gaule envoie des volontaires en Italie; leurs services; Maximus s'en compose une garde personnelle. — Mort de Maximin. — Dissension entre la garde gauloise et la garde prétorienne; les prétoriens massacrent Maximus et Balbinus. — Règne du jeune Gordien ; il est tué par l'Arabe Philippe.
A peine Caracalla eut-i! mis le pied sur le sol de l'Asie qu'il ne songea plus qu'aux moyens de s'attacher cette grande province et celle d'Afrique, afin d'opposer leur aflfection aux mauvais vouloirs de l'Occident. Juiia Domna, sa mère, qui le rejoignit à Antiociie, et toute la famille des Bassiani , le secondèrent à qui mieux mieux dans ce dessein. On vit les faveurs impériales pleuvoir sur ces deux provinces, double patrie du fils de Sévère; on le vit aussi lui-même, exaltant des sentiments d'orgueil national hostiles à l'Italie, se faire le patron passionné d'Annibal et d'Alexandre le Grand, au dc'iriment