LIVRL II. — CHAPITRE II
populations, celles d'Orient pleuraient le fils de Sévère, celles d'Occident attendaient ce que déciderait le sénat.
Rome se montra moins dédaigneuse que le nouveau César eût pu le craindre : elle ne pensa d'abord qu'au bonheur d'être délivrée de Caracalla. Le sénat commença par s'emparer du gouvernement, par s'épurer luimême et donner le signal de la réaction contre les créatures du dernier empereur et contre ses actes ^ En même temps il invita Macrin à quitter l'Orient, à licencier ses troupes, à venir avec confiance en Italie travailler d'un commun accord à la réforme de lous les abus. Ce que le sénat demandait à Macrin, c'était une restauration du gouvernement civil : œuvre belle, mais dangereuse, et que celui-ci déclina, tout en l'approuvant. IN'osant prendre ouvertement parti ni pour l'assemblée ni pour l'aimée, il les flattait tour à tour, espérant les abuser toutes deux et gagner du temps. Le sénat prit en pitié sa pusillanimité; sans l'adopter, il le toléra par besoin ; tout lui valait mieux que le misérable qui n'était plus, a Gouverne qui que ce soit, s'écriait un de « ses membres, plutôt que l'infâme, plutôt que le par- « ricide, plutôt que l'assassin delà république M »
Mais si le sénat réclamait des gages, l'armée n'était en reste ni de défiance ni d'exigence. Comme pour éprouver Macrin, sur qui le soupçon commençait à s'arrêter, elle demanda l'apolbéose de Caracalla, et Macrin se prêta tout tremblant à cette honteuse comédie \ Elle