‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 121 sur 353 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

5. Quod principatuni affectaret, ut oliin Scniiramis et JNitocris. Id., ihid.

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rien de choquant pour ces provinces qui reconnurent cinquante ans plus tard le gouvernement de Zénobie. Macrin, inquiet ou feignant de l'être, lui ordonna de (juiller Antioclie sans plus de délai. Alais l'altièrc Julie ne put survivre à riiumiliaiion d'un exil: elle irrita par des coups répétés un cancer qu'elle avait au sein, et, se l)rivant en outre de nourriture, elle se procura, au milieu d'horribles soutTrances, une mort volontaire. Le reste de sa famille se rendit à Émèse, berceau des Bassiani. 11 se composait de 3Iaesa, sœur de Julie, et des filles de Mœsa, Julia Sohœmias et Julia Mamma'a , toutes deux veuves et ayant chacune un fils : celui de Sohaemias, Varius Avitus Bassianus, était âgé de quatorze ans; celui de MammaBa, Alexianus Bassianus, en comptait à peine dix. Avitns, prenant la profession de ses ancêtres maternels, fut installé dans le temple d'Émèse, comme pontife du dieu Élagabal; et on lui adjoignit son cousin Alexianus .comme a col j te ^

L'intérêt et la curiosité suivirent les exilés dans lenr retraite. Jamais le dieu Élaga])al, si en crédit qu'il fût dans toute l'Asie, n'avait vu pareille affluence se porter à ses fêtes. On venait y contempler ces enfants, ces femmes, tombés de si haut, et l'on s'apitoyait sur le sort d'A- \itus, dont la beauté naturelle était encore relevée pai' loriginalité du costume et par l'éclat des pompes religieuses-. Les soldats de l'armée de Phénicie, qui caml)ail près d'Émèse, assistaient en grand nombre à ces spectacles; et le bruit, adroitementrépandu, que le jeune pontife était un iils naturel de Sohaemias et de Caracalla,

1. Dio, i.wvni, 31 et seqf(. — Ilcrudian., v, \['l. — J. Capitol., Macrin., 90, 97.

2. Sed Heliogabaliis luilcliritiuliiic ac statiira ot saccrdotio conspiciuis erat. .1. Capitol , Marrin., SO. — Horodian., v, 111.

140 lllSiOir, i: 1)K LA (iAl LK.

sliiiiiilail Iciii's hoiiiics (lis[)()sili()iis pour lui '. L'ai'gcut fit le reslo -. lue nuil. AIcTsa, sortie d'Émèse avec toute sa laniillc, alla se présenter aux portes du camp, et s'y fit iiili'oduire a[)rès <[iielques pourparlei'S; le lendemain, 18 mai 218, Avilus était proclamé Empereur sous les noms de Marc-Auivle Anionin. Peu de jours suffirent à l'insurrection poui' gagner une partie des troupes. .Macrin, qui restait inaclif à Antioche, feignant de dédaigner l'enfant et l'idiot ^ (c'est ainsi qu'il appelait son compétiteur), fut ])ientôt forcé de se mesurer en personne avec lui, et il succomba ''.

lîeconnaissant alors sa faute, le César ^aincu s'enfuit à Clialcédoine sous le déguisement d'un courrier de l'administration impériale, pour passer de là en Europe par le Bosphore; mais, repoussé du détroit par une tempête, et rejeté sur la côte d'Asie % il fut reconnu et tué après ([uatorze mois de règne. Son fils Uiaduménien avait déjà péri avant lui. Dans la bataille qui venait de consommeileur ruine, un moment les troupes d'Avitus avaient fléclîi, el la déroute se déclaiait, loi'sque Mff'sa et ses filles, qui suivaient l'armée dans des cliaiiols. à la manière des reines d'Asie, mirent pied à terre, et, accourant au devant des fuyards, ])aignées de larmes et les cheveu v en désordre, parvinrent à rétablir le coml^at. On avait

1. His (niilitibusj Mœsa dixit filium (.sse Antoiiiiii Bassiaimm ; {(und IKtiilatim omnibus militibiis innotuit. J. Capitol., Vlacrin., SO. — Hprodian., v, 11 i. — Dio, lwviii, 3i et seqq.

2. Erat prœterea Maîsa ditissima. — J. Capitol., Macrin., 80. — Herodian., v, 115.

3. Puerulum vocaiis ac stolidiun l'sse dicinis. Dio, iawiii, 'M.

i. Id., ibid., 3() et seqq. — Herodiaii., 1 lô et m'<ii|. — J. Cai>itol., Macrin.

"). l'inrni \iiii- sMititiiv l'œdi^^iniiim. llriodian.. \. IIT.

Livi'.r: 11. — cHAPrrr.i. ii. I4i

vu Avilus Ini-mème s'ëlancor au pins fort do la nièl(^e, monté sur un clipval fougueux, ])randissaiil une épée, et animé d'un feu qui semblait suruatuiei '. Tout cela était digne du nom de Sévère; mais les choses ne se maintiurent pas longtemps à cette hauteur.

Ce que le nouvel empereur envisagea surtout dans son élévation, ce fut le triomphe des provinces d'Orieiit sur celles d'Occident, et la restauration du gouveriiement militaire. 11 fut le premier qui n'attendit point la proclamation du sénat pour prendre le titre d'Auguste et la puissance trihunitienne '-. Environné d'Asiatiques, et promenant sa cour de Nicomédie à Antioclie, il attachait une idée de patriolisme local à j-ester en Asie, et ne se décida à partir pour Rome qu'au bout d'un an et demi de règne, sur les vives instances de Mai^Sti ^. Quand on le vit monter au Gapitole avec un cortège d'eunuques, de femmes et de prêtres, coifte de la tiare, couvert de soie, d'or et de perles, les joues fardées et les paupières peintes S i'étonnement fut grand, et Ion put se demander si Rome avait été conquise par ([uelque descendant de Cyrus ou d'Arsace.

Les actes politiques furent à l'unisson du cérénionial. Maesa siégea dans le sénat entre les deux consuls, y prit part aux délibérations et aux votes ^; le culte du dieu Élagabal devint le culte officiel de l'Enqiire; l'empereur prit le nom de la divinité syrienne ^ et dans son palais

1. Ipscque pi.ier, districto gladio, quo accinctiis erat, visas r^st oqiio concitato, quasi divino quodani inipetn, iii hostes irruere. Dio, i.xwiii, :{8.

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