LIVRE II. — CHAPITRE II
plices*. Il fallut encore qu'il vînt, à plusieurs reprises, protester humblement de son innocence, et cjue, renouvelant la hideuse comédie jouée déjà par Macrin, il décrétât l'apothéose de ses victimes. Brûlés en grande pompe, les restes d'Alexandre et de Mammée furent transportés à Rome pour y être déposés dans le mausolée de leur famille; mais on érigea, en Gaule, au lieu oi'i ils avaient péri, un cénotaphe à leur mémoire ^ Une même tombe réunit ce fils et cette mère inséparables dans la mort comme dans la vie. La piété publique ne voulut point non plus les séparer, et, les plaçant au ciel l'un près de l'autre, elle leur assigna des autels, des prêtres, une solennité commune. Bien différents de ces dieux de circonstance, dont on rougissait le lendemain, ceux-ci passèrent réellemenl dans la religion nationale, et, cinquante ans plus tard, on célébi'ait encore à Rome la fêle d'Alexandre et de Mammée, avec les marques d'une dévotion sincère et d'un deuil profonde
1. Cenotaphium in Gallia meniit. Lamprid., Alex., 136, '2. Addita et festivitas matrisnomine atque ipsius, quse hodieque Roniae religiosissime celebratur, iiatali ejus die. Id., ibid.