LIVRE II.— CHAPITRE m
« tigre est féroce, et on le tue. Prends garde à tout le (( monde, toi qui ne crains personne'! » Les sénateurs surtout affectaient pour ce demi-J)arl)are un mépris superbe, tout en se résignant aux apparences de la soumission, jusqu'à ce que vînt l'occasion de la secouer, occasion qui ne pouvait tarder. Maximin, instruit des secrètes dispositions de ses ennemis, ne rêvait que vengeance conti'e ce sénat où il s'était toujours ti'ouvé mal à l'aise. Chaipie fois que de nouveaux outrages arrivaient jusqu'à lui au milieu de son armée, c'était pour son orgueil de nouvelles blessures, et de nouvelles fureurs éclataient. Alors il rugissait comme une bête fauve, il dépêchait des arrêts de mort, il inventait des tortures; du fond des forêts de la Germanie, il répondait aux sarcasmes de Rome par des torrents de sang-.
Cette occasion qu'attendait le sénat, la province d'Afrique la lui fournit, ^'ers le milieu du mois de mai 237, quehpies jeunes gens de Thysdre, en révolte contre les collecteurs qui levaient des taxes au nom de Maximin , saluèrent du titre d'empereur le proconsul Ulpius Gordianus, venu sur les lieux pour rétablir l'ordre ^ C'était un vieillard juste dans son administration, plein de lumières et d'affabilité, et d'une origine bien illustre, puisqu'il remontait aux Gracques par son père, et à la famille de Trajan par sa mère. Ils le prennent dans