‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 161 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

prît un jour Ip dessus, et cette opiuion seule était de nature à la provoquer.

Ce fut vers le commencement de son règne ou vers la fin du règne précédent * que se passa un événement de g]*ande importance pour les destinées du chrislianisme en Occident. Quelques prêtres asiatiques, ayant à leur tête un évêque nommé Pothinus ou Pothin 2, arrivèrent à Lyon dans le but d'y constituer une église. Ils venaient de Smyrne, et comptaient parmi eux un docteur déjà célèbre, le prêtre Irénée, que la ferveur de son zèle, non moins que la volonté de ses chefs, amenait sur cette terre lointaine, bien bar])are encore pour les yeux prévenus d'un Grec. Déjà si fort en Orient, le christianisme ne faisait que poindre sur l'Europe occidentale, où l'église romaine, seul foyer allumé par les apôtres, se concentrait depuis un siècle, et par nécessité, dans les soins de sa propre défense. Elle n'avait donc pu catéchiser bien loin au dehors, et le rayon de sa prédication ne dépassait guère l'Italie centrale. La Gaule, l'Espagne, la Bretagne, riUyrie, renfermaient sans doute des chrétiens isolés, produit de quelques courses apostoliques en Dalmatie et peut-être en Espagne ^ des communications du commerce, enfin du contact des légions recrutées en Orient; mais aucune de ces provinces ne possédait de communauté régulièrement organisée. Ainsi Lyon eut l'honneur de donner, non-seulement à la Gaule, mais à

1. On ne peut pas bien préciser l'année ; mais on peut conjecturer que ce fut la dernière d'Antonin, ou la première de Marc-Aurèle, lUO ou ICI.

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