‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 160 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

\ quoi les chrétiens furent en droit de répondre , ainsi qu'ils le firent par la voix du plus éloquent de leurs docteurs: « Édit impérial, tu te combats toi-même: si « nous sommes criminels, pourquoi ne nous pas recher- « cher? Si nous sommes innocents, pourquoi nous pu- (( nir^? »

Moins timoré que Trajan à l'égard des lois qu'il jugeait mauvaises, et en toutes choses fort peu soucieux de troubles et d'interventions populaires dans les actes du gouvernement, Adrien fit cesser partout les poursuites tumultueuses contre les adorateurs de Jésus-Christ. Il défendit qu'on accusât personne à ce seul titre; « que si (( un chrétien était accusé justement d'un crime, on de- « vait le punir, disait-il; mais s'il était absous de ce « crime, son accusateur méritait et devait subir la peine « des calomniateurs -. » Infatué de sa science dans les doctrines occultes de l'Asie, Adrien mettait à protéger le christianisme un- orgueil de savant. Il avait assisté dans Alexandrie aux débats des religions et des systèmes philosophiques, et il lui avait semblé voir se dégager du conflit de tant d'opinions diverses un point commun où elles convergeaient toutes, la reconnaissance d'un Dieu unique; et sa conclusion , fort bizarre assurément , avait été que les juifs, les chrétiens et les sectateurs de Sérapis pratiquaient le même culte sous des formes diffé-

1. 0 scntentiam necessitate confusam ! Quid temetipsani censura circumvenis? Si damnas, car non et inquiris? Si non inquiris, cwr non et absolvis? Tertiill., Apol., '2.

2. Quod si quis eos detulerit, probaveritque contra loges quicquam agere, tu pro gravitate delicti in eos statue. Sin niehercule calumnise causa istud intenderit, operam daliis ut pro gravitate criminis in illum animadvertas. Hadr. epist. ad Min. Fundan. ap. Justin., Apol., et Euseb., Hist. eccl., iv, 9.

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ronlos*. Liii-iiiriiio, par une ich'c in(tnolli('isli(|ii(' ou panthéistique, imagina de construire des temples sans simulacre ([ui l'appelaient cet autel d'Athènes au dieu inconnu; mais, les ciirélieus s'abstenani de loule représenlalion dans leurs lieux d'asseiiil)l('<', on lui fil craindre qu'ils ne s'emparassent des nouveaux lemples, el; que l'Empire n'y vît une sorte d'adoplion de leur culte. Cette raison retint Adi'ien, dont le projet resta inachevé'-'. Antonin laissa la question du christianisme dans l'état où son prédécesseur l'avait placée : défense de recliercher les chrétiens el de les ])oui'suivre pour fait de religion. A sa mort, des jours moins bons se levèrent pour l'Église. Si éclairé et si humain (pie Marc-Aurèle se montrât en toute chose, il arrivait au trône imhu des préjugés de l'orgueil stoïcien contre une doctrine qu'on taxait de basse et de vulgaire , parce qu'elle s'adressait au cœur des masses plutôt qu'à l'intelligence des écoles ^ Le fils adoptif d' Antonin le I^ieux était d'ailleurs païen zélé, polythéiste philosophe, s'expliquant par des symboles les fables de la vieille religion romaine, et regardant comme un devoir public de la ratîei'mir dans la conscience des peuples ''. Ces dispositions du prince étant connues, on pouvait redouter qu'tà la faveur de quelque circonstance grave, l'etTervescence populaire ne

1. Uli qui Serapim colunt, christiani siiiit; et devoti sunt Serapi, qui se Christi episcopos dlcunt... Unus illis Deus est, hune christiani, hune judœi, hune omnes venerantur et gentes. Hadr. epist, ad Vopisc. Saturn.

•2. Sed prolii])ituH est ah iis qui, eonsulentes saera, repererant omnes cliristianos faturos, si id optato evenisset, et templa reliqua deserenda. Lamprid., Alex., 129.

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