‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 178 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

\eaii spectacle : il destina les clii ëtiens à rendre l'âme au milieu de ces inventions d'un empereur insensé. Mêlée aux déclamations burlesques, la confession du Christ devait retentir là, pour la première fois, aux oreilles d'un auditoire innombrable appartenant à toutes les provinces transalpines ; elle y retentit en effet, mais elle déposa au fond de plus d'un cœur un touchant et inefTaçable souvenir.

La représentation fut digne de ceux qu'on appelait à y jouer le grand rôle. Tous les chrétiens qui avaient déjà confessé persistèrent; les nouveaux accusés se montrèrent dignes des anciens ; enfin les apostats se rétractèrent tous avec éclat, et ni menaces ni tortures ne les ébranlèrent plus. C'était ravir à l'accusation le seul terrain qu'elle eût conquis : tout l'intérêt se porta donc sur ces malheureux qui, se débattant contre eux-mêmes, s'efforçaient de réparer, à force d'héroïsme, le mal que leur faiblesse avait fait à la cause commune. Pour les intimider ou les séduire plus aisément, on avait cru devoir les séparer des autres pendant leur interrogatoire, et on leur avait assigné, près du tribunal du juge, une place éloignée des bancs où siégeaient leurs compagnons ^ De ce côté précisément se trouvait, confondu parmi les spectateurs, Alexandre le Phrygien, que tout le monde connaissait à Lyon, à cause de sa profession de médecin-, n)ais dont on ne soupçonnait pas la croyance. Tout entier à l'interrogatoire qui se passait près de lui, il oublia bientôt quel danger l'environnait lui-même ; le regard livé sur les apostats, il s'entretenait avec eux de la tête et du geste, approuvant les uns, excitant les au-

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