Les Nicolaïtes et la plupart des sectes gnostiques
238 IIISTOIUI: DK LA GAULE.
Au poiiil il(' coiilacl (le rÉvangile avec le jiulaisine, on ne vit surgir ni moins triiérésies, ni de moins funestes erreurs. Sans doute, la loi évanof'lique se donnait, se proclamait pour une réforme de rancienne alliance; réforme attendue depuis les patriarches, annoncée par les prophéties, expliquée par les Écritures; mais chacun voulut, d'après l'autorité de son propre jugement, placer la hni ne où logi(juement cette réforme devait commencer, la borne où elle devait finir. Cédant à la pente de leur nature , les esprits exclusifs arrivèrent de plein saut à des termes extrêmes : les uns atïaiblissant le christianisme jusqu'à l'efTacei- (l('\ant le judaïsme; les autres l'exagérant jusqu'à rannihilalion complète, «passionnée de la loi de Aloïse. Aux yeux des premiers, l'I'lvangile se réduisait à un complément, assez indifférent d'ailleurs, de l'Ancien Testament : être juif passait pour la chose essentielle; être chrétien ne venait ([u'après. Mais les seconds envisagèrent le chiùstianisme comme une révolution fondamentale appelée à détiuire le judaïsme; leur théorie posa sur une contradiction absolue de l'Évangile et de la loi mosaï([ue, contradiction telle que si celui-là était bon, celle-ci était nécessairement mauvaise; si celui-là venait de Dieu, celle-ci ne pouvait être que l'œuvre d'une puissance opposée à Dieu. On aperçoit d'un seul coup d'œil la dernière conclusion forcée de chacun de ces systèmes : l'un aboutissait à la négation de la divinité de Jésus-Christ, descendu au rang d'AI)raham et de Moïse, homme plus parfait qu'eux, mais homme comme eux'; l'autre se
1. Les Ébionites et les Nazaréens. Iren., i, 2C; tu, 2i. — Euseb., Hist. eccL, m, 27. — Epipli., Hœres. \\\, 2 et seqq., t. I, p. 125, éd. Petav. Colonial, 1082.