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et Pohcrate, cvèque d'Éphèse, fat chargé de sigiiiiicr à Victor ce refus des plus illustres communautés de l'Orient. « C'est en Asie, lui disait-il dans sa lettre, que se « sont endormies au Seigneur les grandes lumières de (( l'Église, qui ressusciteront au jour glorieux de son (( avènement. Tous ces hommes ont céléhré la pàque le « quatrième jour de la lune; et moi, Polycrate, le der- « nier de tous, j'observe la tradition de mes pères K J'ai « eu sept évoques dans ma famille, et je suis' le hui- (( tième; ils ont tous célébré le jeûne et la pàque dans le (i temps où les Juifs se purifiaient. Moi donc, qui ai vécu « au Seigneur soixante-cinq ans, qui ai communiqué « avec les frères du monde entier, qui ai lu toute lÉcri- (( ture sainte, je ne suis point troublé de ce qu'on nous « propose pour nous faire peur; car ceux qui étaient « plus grands que moi ont dit : « Il vaut mieux obéir à (( Dieu qu'aux hommes -. »
Cette lettre, si digne et si belle, ne fit pourtant qu'irriter Victor ^ qui se sépara de la communion des églises dissidentes. La dureté d'un tel acte affligea vivement la chrétienté. Partisans ou non de la coutume romaine, beaucoup d'évêques réclamèrent contre cet esprit de domination, et au premier rang, l'évêque de Lyon, pour lui et ses frères *. Intermédiaire entre l'Asie et Rome, et employant tour à tour la sévérité du langage, les conseils de la charité, et jusqu'aux supplications, il
1. Ego vero minimus vestrum omnium, secundiim traditionem patriim meorum. Eiiseb., Hist. eccl., v, 24.