LIVRE III. -CHAPITRE II
romain, nommé Blastiis, ayant ouvert une polémique en faveur de cette dernière, Irénée le combattit, au nom de la paix, dans une lettre qu'il intitula : Da Schisme K
Déjà, en eflfet, le schisme était imminent. Héritière de riiabileté administrative, mais aussi de l'inflexibilité qui avait donné la possession du monde à Home temporelle, Rome chrétienne cherchait de la même manière, et avec la même constance, à faire prévaloir ses institutions et son esprit. Cette coutume de fixer la pàque au dimanche avait eu pour but, dans l'origine, d'élargir la séparation entre le christianisme et le judaïsme ^•, elle était bonne en Occident, où la parenté des chrétiens avec les Juifs ne créait que des embarras pour les premiers. Aucune nécessité de cette nature n'existait en Orient. Toutefois, dans une question qui pouvait ainsi se débattre, Victor, successeur d'Éleuthèrc au siège épiscopal de Rome, s'attacha plutôt à imposer qu'à convaincre; et Topiniàtreté de son insistance , le ton impérieux de ses avertissements, enfin ses menaces d'excommunication, laissèrent déjà entrevoir les prétentions de suprématie qui éclatèrent plus tard au grand jour. Moins par reconnaissance d'un pareil droit que par crainte de sembler judaïser, et par condescendance fraternelle, plusieurs évêques orientaux cédèrent, et plusieurs conciles autorisèrent le changement de pratique '\ Mais leséglises de l'Asie Mineure, fortes do leurs traditions, opposèrent au vœu de celle de Rome une résistance invincible;
1. riEpi Sy t'7|j.aTo;. Euscb., Hist. eccl., v, 13. — Theodoret., i, '23.
'2. Blastus lateiitcr judaismum volcbat introduccre : Pascha ciiim dicebat non aliter custodiendum esse, nisi secuiidiini legcni Moisis \iv mensis. Tertull., Prœscr., .j3.