LIVRE III. — CHAPITRE III
nianus, à Sens; Quintinus, chez les Véromandiies, dont il fiU l'apôtre ^ De Paris, son quartier général, an nord des Gaules, la propagande chrétienne descendit la Seine jusqu'à Rouen, qui reçut alors son premier évêque, et la remonta jusqu'à Troyes, où elle put se rattacher à l'affiliation des églises lyonnaises, Langres, Dijon, Autun, Besançon. Vers le nord-est, elle atteignit successivement Châlons-sur-Marne , Toul , Metz, Trêves, Strashourg'. Chemin faisant, elle rencontrait la persécution, qui ne l'arrêtait point. La plupart de ces hardis voyageurs furent martjTisés sous Valérien ou plus tard. Chartres jeta dans un puits ceux qui venaient lui parler de la foi ^ Le premier évêque de Saintes, quand on ouvrit plus tard son tombeau, futti'ouvé la tête fendue d'un coup de hache''. A Troyes, Patrocle expira chargé de chaînes rougies au feu^ A Metz, Clément fut réduit à prendre pour retraite les souterrains de l'amphithéâtre, situé hors de la ville : singulière église, pleine de terreur pour des chrétiens, où la vue de l'arène et le rugissement des bêtes féroces pouvaient les entretenir éloquemment de leur destinée du lendemain.
Auxerre était à cette époque environné d'épaisses forêts ^ propres à servir d'asile à des persécutés. Les chrétiens de la ville et des lieux voisins s'y réfugiaient par
1. Quintinus donna son nom à la ciipitale des Véromandues, Augusta V'eromanduorum, qui est aujourd'hui Saint-Quentin.