‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 254 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

qui n'avait rien de mieux à faire, se résigna à négocier sa retraite. Il en écrivit à Sapor, lui ofTrant de l'argent ' que celui-ci, assuré de vaincre, repoussa avec mépris. Le roi barbare lit même emprisonner les envoyés romains, en déclarant qu'il ne traiterait qu'avec l'Empereur en personne. Celui-ci, obligé de consentira tout, se rendait au lieu désigné pour l'entrevue, sans précaution *et avec une faible escorte, lorsqu'une embuscade de cavaliers persans l'enleva et le conduisit garrotté à Sapor-. L'armée romaine, à cette nouvelle, acheva de se débander et regagna la frontière en grand désordre.

Tout ce que la férocité sauvage, excitée par l'orgueil, peut combiner de souffrances et d'outrages, fut essayé sur le noble vieillard : dans la personne d'un représentant du monde civilisé, Sapor crut humilier ettorturei' la civilisation elle-même. 11 traîna de ville en ville, comme en triomphe, le César prisonnier, vêtu du manteau de pourpre et les fers aux mains ^ Voulait-il monter à cheval, il le faisait courber jusqu'à terre, et se servait de sa tête en guise d'étrier^. L'infortuné n'avait pas à pleurer que sur ses propres maux ; il fallait qu'il vît ses soldats, ses compagnons, ses amis, conduits, comme un troupeau de bétail, aux abreuvoirs publics, pour s'y désaltérer une seule fois par jour. Les détails nous manquent sur cette effroyable captivité. Valérien, à son âge, put-il y résister

1. Quum data pecunia bello finem imponere vellet. Zosini., i, 25.

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