‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 256 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

u des Romains en ta possession, écrivait aussi un roi des « bords de la mer Caspienne; rends-liiï la liberté, et je « te féliciterai doublement : car nous savons par l'bis- (( toire quon se repent toujours d'avoir bravé lîoine K » Les princes indépendants du Caucase lui renvoyèrent ses dépêches"-. Odenath seul osa le féliciter, soit qu'il cherchât à prévenir les représailles qui le menaçaient, soit qu'il cédât tout simplement à un accès d'inconstance arabe; mais Sapor déchira avec mépris la lettre de celui qu'il appelait un vil esclave et fit jeter ses présents dans l'Euphrate ^.

Si pareille émotion avait saisi le monde ])ar])are, que ne durentpas ressentir les Uomains?L'étonnement etTaffliction furent sans mesure dans tout l'Empire, comme l'événement lui-même était sans exemple. Varus avait été captif chez les Germains : général imprudent, il avait payé la peine de sa propre faute sans que l'honneur romain en fut grandement entaché ; mais l'Empereur esclave, vivant entre les mains de l'ennemi et en butte chaque jour à mille indignités, Aoilà ce qu'on n'avait point prévu, ce qu'on ne pouvait se résigner à croire. Un historien voisin de ces temps nous peint, en quelques lignes énergiques, l'espèce de vertige qui s'empara subitement alors de tous les esprits, u La république cban- « celait, dit-il; les armées erraient sans guide; les chefs « s'indignaient; une douleur immense planait partout, « car un empereur romain était retenu esclave chez les « Perses*. »

\. Magis gratularer si redderetur. Trcb. Poil., VaU'rian., p. 174. 2. Bactriani et Iberi et Albani Saporis littoras non reccin-nint, sed ad lomaiios duces scripserunt. Id., ibid., p. 175. :{. Petr., Lcg., '20.

4. Nutante repiiblica... vaga])antiir cxiTriiiis, Tiiurninrahant dures, I. 21

Seuls, au milieu de la stupéfaction 'Universelle, les chrétiens ne semblèrent point surpris; on eût dit qu'ils avaient le secret de ce coup si nouveau et si cruel. De môme qu'ils avaient expliqué la fin de Décius, ils expliquèrent celle de Valérien, Montrant le doigt de Dieu empreint sur ce mannequin d'empereur, comme sur un trophée des justices du ciel \ ils inscrivirent un chapitre de plus dans leurs livres sur la mort des perséculeurs.

erat ingens omnibus mœror, quod imperator romanus in Perside serviliter teneretur. Treb. Poil., Gallien.,p. 175.

i. Tu quoque, Valériane, quUm eamdem crudelitatem in famulosDei déclarasses, justum Dei judicium omnium oculis subjecisti. Constant. Orat. ad cœt. Sanctor, 24. ap. Euseb. — Euseb., Hist. eccl., vn, 10. — Lact., de Mort, persec, v. — Oros., vu, 22.

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