‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 259 sur 353 · LIVRE IV.— CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV.— CHAPITRE I

agenouillé dans l'ampliithëâire, et déjà presque mort de peur, implorait vainement la compassion d'Auguste et celle de la foule qui encombrait les gradins, quand la porte d'une loge s'élant ouverte, on vit s'élancer un chapon : (( Nous sommes quittes, dit Gallieu; j'ai trompé le trompeur^ n A coté de ces travers burles(]ueset de celte indolence, un grand événement venait-il tirer de sa torpeur le fils de Valérien, il se montrait habile, libéral, act'f, brave ^ cruel même par emportement ', mais pour retomber ensuite, comme épuisé de son eflbit, dans sa somnolence épicurienne : liomme toujours extrême, et qui ne parvint jamais qu'à se faire liaïr ou mépriser, soit qu'il agît, soit qu'il n'agît pas.

Lorsque les tristes détails de la campagne de Perse lui arrivèrent, il était toujours près de Postume, en Gaule, où il avait remporté contre les Germains quelques avantages brillants, sans avancer d'un pas dans l'estime publique. Gomme l'état de tutelle où la volonté de son père l'avait placé l'humiliait et lui pesait, sa première pensée fut de le rompre dès qu'il se vit maître de luimême. Mais il le fit sans prudence, avec éclat et colère, et, pour humilier à son tour son ancien maître, il affecta de lui retirer son lils Saloninus, le déposant entre les mains dun tribun nommé Silvanus, qui commandait la place de Gologne*. G'était un acte de défiance que Pos-

1. Deiiule cavea caponem emittit, mirantibusque cunctis rem tain ridiculam, per curionein dici jussit : Imposturam fecit, et passus est. Treb. Poil., Gallien., p. 180.

Page 1