Grandi pecunia. Aur. Vict., Cses
2. Tetricum senatoreni populi romani praesidatum in Gallia regenteni... Ejus (Victoriae) erat, ut plerique loquuntur, affînis, Trcb. Poil., Trig. tyran., p. 19G. — Familia nobili, priRsidatu Aquitanos tnebatur... Aur. Virt., Cms., 33. — Eutrop., i\.
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(lai iiiic do ces sympathies, un de ces lions d'afïeclion durables et forts, dont les annales militaires do toutes les époques l'ournissont d'étonnants exemples.
A ces causes originelles de son influence, Victoria joignait Taulorité d'une àme l'orme et virile \ d'un esprit étendu, capable dos lésolutions les plus élevées, et dont les inspirations fmont écoutées bientôt comme des oi-acles. Son ascendant sur Farmée se montra parfois si grand, si aljsolu au sein de l'anarcliie la plus terrible, qu'on ne saurait s'en rendre compte sans la supposition de quelque chose d'extiaordinaire, de merveilleux, qui agissait pour elle, qui frappait de crainte ou de respect des imaginations superstitieuses, et touchait à quelque ressort caché des préjugés populaires. Peut-être les nations gauloises pensèrent-elles avoir retrouvé une de ces femmes divines auxquelles leurs pères avaient o])éi jadis, qui lisaient dans l'avenir, et savaient enchaîner les tempêtes humaines, comme les orages de l'Océan ^ Le Germain auxiliaire vit peut-être en elle une Aurinie et une Yéléda des Gaules; et quant au soldat romain, habitué à l'autorité et à l'orgueil des impératrices, il crut pouvoir, sans déshonneur, courber ses aigles devant une femme supérieure en génie aux Agrippine, aux Julia Domna et aux Mammée.
Il semblerait que Victorinus dût à cette éducation singulière un développement qui ne le fut pas moins. Les éloges que lui donne un historien contemporain sont tellement magnifiques, que, tout en faisant à l'exagération une large pari, \ ictoiinus, s'il faut les accepter,
l. Ut virile seniper facinus atidcret. Treb. Poil., Trig. tyran., p. 200.
'2. Piitant ingeniis singukiribus prieditas maria ac vcntos concitare carminibus... scire ventiira et prcedicare. Mêla, m, Ti. — Cf. Hist. des Gaulois, livre iv, ch. 1.
LIVIU: iV.— CHAPITRE 1. 353
resterait encore un lionime très-éminent. « Je ne lui 11 préférerais, dit Julius Atérianus, qui paraît l'avoir (c connu, aucun des empereurs qui ont fait la gloire de (( Rome, car il fut l'égal de Trajan en bravoure, d'Anto- (( nin en clémence, de Nerva en gravité, de Vespasien « en sage économie, de Pertinax en probité, de Sévère (( dans l'art de gouverner les armées ^ » Mais, au dire même de cet historien, qui le juge avec tant de faveur, un grand vice balançait, dans Victorinus, ces rares qualités, et finit pai' les effacer tout à fait. Il avait puisé, dans la licence de la vie militaire, des habitudes de débauche et de grossière galanterie, qu'il ne savait pas maîtriser, qui soulevèrent enfin contre lui la haine publique, et le conduisirent à sa perte-. A l'époque dont nous parlons, il devait être âgé de moins de trente ans' et avait un fils au ])erceau. L'histoire ne dit rien de sa femme. Sa mère, encore jeune, se faisait remarquer par une beauté mâle : ses médailles la représentent armée et coiflëe d'un casque, avec des traits grands et réguliers, et, sur sa physionomie, idéalisée sans doute, ce mélange de force calme et de majesté, qui fait dans les statues antiques l'attribut de Minerve.
Sans goût et sans aptitude aux afl'aires, le fils de Postume, malgré son talent d'orateur, n'avait été, pour son père, qu'un collègue nominal. A la veille d'une nouvelle
1. Victorino qui Gallias post Junium Posthumium rexit, ueniinem existimo prœferendum : non in viriute Ti'iijanum, non Antoninum in clenientia, non in gravitate Nervam, non in gubernando serario Vespasianum, non in censura totius vitie ac severitate militari Pertinacem vel Severum. Treb. Poil., ïrig. tyran., p. 187.
2. Sed omnia hsec, libido et cupiditas niulicrariœ voluptatis sic perdidit, ut nenio andcat virtutos ejus in litteras mitterc, quuni constat omnium judicio meruisso puniri. Id., ibid.
.i. C'est l'âge qu'on peut lui donner d'après ses médailles. 1. 23
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gueiiv coiitie (ialluni devenu pins ledoulable et plus aident à cause de ses derniers succès, l'empereur j^aulois songea à s'allacherVictorinus, qui pouvait lui rendre d'importants services, tant par sa popularité que par son mérite. Il l'adopta donc et le fit proclamer son collègue^ L'élévation de cet enfant des camps fut une fête militaire ; l'armée s'empressa d'en perpétuer le souvenir par des médailles frappées dans les hôtels de Trêves, de Mayence et de Cologne, où se fabriquait principalement la monnaie des Augustes-. Le temps nous a conservé celles des trentième, quatrième, vingtième, dixième et vingtdeuxième légions ^
D'autres médailles de Postume et de Victorinus, qu'on peut rapporter à cette époque, contiennent des allusions évidentes à l'autorité encore incomplète et cachée, mais déjà grande, d'un personnage mystérieux qui n'est autre que Victoria. Le type sous lequel on la représente est ordinairement celui de Diane, tantôt céleste avec un fanal sur la tète, tantôt terrestre et en costume de cliasse, tantôt enfin céleste et guerrière tout ensemble, portant son arc d'une main et un flambeau de l'autre ^
Cependant Gallien avait passé les Alpes, et ouvert la campagne au printemps de 265. Victorinus et Postume lui tinrent tête, mais il leur fallut l'assistance de bandes germaniques nombreuses qu'ils tirèrent d'outre-Rhin ^ Encore cette fois la guerre traîna en longueur, avec des
1. In participatum vocavit imperii. Treb. Poil., Trlg. tyran., p. 186, — Eckhel, Doct. niim. vet., xn, 450 et seqq.