LIVRE IV. — CHAPITRE II
murs à Salomon. Les rois grecs, puis les Césars, leurs successeurs, avaient étendu, rebâti, décoré cette ville, comme à Tenvi ; et Palmyre, colonie romaine, principal entrepôt du commerce de l'Empire avec la Perse et avec l'Inde, comptait parmi les plus grandes cités de l'Orient. Son isolement, joint à sa richesse, l'obligeait d'acheter la protection des tribus arabes qui Tavoisinaient. Septimius Odénath, philarque d'une de ces tribus, et mari de Zénobie, avait exercé ce protectorat, dont les attributions étaient surtout militaires : le chef arabe, prince de la ville, en était aussi décurion, siégeait à ce titre dans le sénat municipal, et commandait la force armée^ Avant Odénath, Septimius Aïranes, son père, portait aussi ce titre de prince de Palmyre attaché depuis longtemps à sa famille-. Quant à Zénobie, son père Amrou, fils de Darbh, fils de Hassan, avait régné sur toute la Mésopotamie méridionale ^. Il y avait donc à Palmyre et autour de Palmyre une grande affection pour la famille de Zénobie et un grand dévouement à sa cause. Cette affection était même partagée par le roi de Perse Vararane ou Bahram, second successeur de Sapor, qui voulut secourir la ville assiégée, mais en fut empêché par les Romains. Réduite à la dernière extrémité et manquant de tout, Zénobie résolut de passer en Perse pour y recommencer la guerre. Une nuit, elle sortit de Palmyre avec une escorte, et au grand pas de ses dromadaires^ elle
1. TO M.XHMEION. TOT. TA<^Ea^01. EKTIIE.V. EH. lAmUi. lEIlTlMIOi;. OAALWWOi:. O. AAMIIPOTATOI. IV^KUITIKOI. O. AlPAXOr. Tor. OrACAAAAWOr. Inscript. apud Renaudot, Mém. de l'Acad. des Inscr., t. Il, p. 500.
'i. Renaudot, ibid. — Cf. Eckhel, vir, 489.