LIVRE V.— CHAPITRE J
mais le vainqueur, chez qui l'habileté politique égalait, si elle ne surpassait, la capacité militaire, en exploita merveilleusement l'importance et rendit son nom trèspopulaire en Gaule. Tandis qu'on se battait à la frontière, Aurélien parcourait l'intérieur de la province, étouffant les ferments de révolte, et cherchant à mettre le pays en état de défense contre les incursions germaniques. Dans ce but, il construisit sur la moyenne Loire, an lieu où était situé Génabum, une ville forte destinée à couvrir le Midi et à protéger les routes de Tours, de Bourges et de Lyon qui venaient se croiser sous ses murs. La ville d'Aurélien, aujourd'hui Orléans, a été depuis assez célèbre pour faire honneur au fondateur qui en avait deviné l'importance*. A l'est des monts Éduens, Aurélien agrandit le château de Dijon, qui gardait la route de Séquanie -. D'autres travaux encore furent exécutés dans les provinces de Vienne et de Narbonne, qui voulurent perpétuer pai- des inscriptions monumentales leur reconnaissance envers le Restaurateur du m on de ^.
En lUyrie comme en Gaule, Rome était réduite à la défensive : les camps permanents, les murailles palissadées, les châteanx, les flottes de guerre ne suffisaient plus à garantir son territoire; elle se vit contrainte d'abandonner la Dacie, afin de mieux couvrir l'Italie, pai- la concentration de toutes ses forces militaires en deçà du Danube. Aurélien fit évacuer la province conquise par Trajan, il y avait alors plus de deux siècles; les habitants