‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 306 sur 353 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Troubles en Gaule; Aurélien fonde Orléans; Probus défait les Francks; Constance les Alamans à Windisch. — Abandon de la Dacie. — Aurélien meurt assassiné par ses ofticiers ; l'armée refuse de lui donner un successeur militaire, et renvoie l'élection au sénat. — Le sénat la renvoie aux armées : interrègne. — Le sénat élit Tacite ; caractère de ce prince ; sa mort; mort de son frère Florianus. — Les armées élisent Probus. — Probus délivre la Gaule à moitié occupée par les Germains. — Trois compétiteurs Gaulois s'élèvent contre lui : Saturninus; Proculus; Bonosus. — Probus fait planter des vignes sur les coteaux de la Gaule, de l'Espagne et de la Pannonie. — Ses soldats se révoltent et le tuent.

Une comiiiulion pareille à celle qui \enait d'ébranler la Gaule ne pouvait finir sans laisser à sa suite bien des ruines. 11 y en eut de toute sorte : misère publique, l'ruit de l'anarcbie des derniers temps; goût du désordre et de la rapine uni dans les masses à l'absence de toute subordination-, ambition démesurée cbez les individus et habitude de la \ie aventureuse. Des factions ardentes continuèrent à décbirei' le pays ; et, si les partisans de la rupture complète avec l'Italie lormaient le petit nombre,

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il ne manquait pas d'hommes qui, reportant leur pensée sur les sept années du règne de Postume, désiraient, pour la sûreté de rexlrème Occident, des conditions à peu près semblables : non pas l'isolement, non pas une séparation d'empire, mais une séparation d'administration, un gouvernement local plus fort avec un chef plus indépendant. Quelque titre que portât ce chef, qu'il fût un simple délégué de l'autorité impériale ou qu'il y fût associé, on le voulait assez puissant pour agir de lui-même, sans que les nécessités du reste de l'Empire vinssent à chaque instant déranger ou suspendre son action. Voilà ce que pouvaient réclamer les esprits impartiaux; mais Lyon et quelques points du territoire, attachés à la révolution qui venait de finir, s'opiniàtraient à susciter des embarras, et tenaient les populations toujours en émoi'. Alarmé de cette prolongation de désordre, Aurélien vint en Gaule, dans l'année 21k qui suivit la défection de Tétricus, et fit peser sur la Rome transalpine des châtiments qui ne la rendirent ni plus réservée, ni plus affectionnée à l'Italie ^.

Les Germains pendant ce temps-là avaient encore franchi le Rhin : l'Empereur leur opposa deux de ses généraux : Probus, qui battit les Franks près des bouches de ce -leuve, et Constance, qui se signala contre les Alanians, à Vindonissa aujourd'hui Windisch sur les boids de l'Aar, l'année même où naissait son fils Constantin ^. L'alïaii-e de Windisch, quoique gagnée honorablement, n'était pas une de ces batailles qui sauvent les empires;

1. Lugdunensibus, qui et ab Aureliano graviter contusi videbantur... Vopisc, Procul., p. "246.

2. Jd., ibid.; Id., Prob., p. 2:!8. — Cf. Vales., Rer. francic, t. I, p. 6.

3. Qiiid (commemorem) Vindonis campos hostium strage completos, et adhuc ossibus opertos? Euiin'ii., Paueg. Constantin., 0; ibid., 4.

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