‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 313 sur 353 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

son âge de plus de soixante-dix ans, était, malgré ses bonnes qualités, dans la situation où se trouvait l'Empire, un fort ridicule successeur d'Aurélien. Mais il était premier sénateur opinant ou prince du sénat ^ et le sénat vit quelque semblant de gouvernement républicain à faire de son chef le chef de TÉtat. Ce repentir apparent des légions enivrait d'espoir les jeunes Pères Conscripts, qui voyaient déjà renaître le temps de Trajan ou même un passé plus reculé, et dont la joie s'épanchait dans de naïves correspondances qui devaient bientôt les faire sourire eux-mêmes-. Sans partager ces illusions juvéniles, les sénateurs expérimentés feignaient d'y croire, afin de profiter de l'impression favorable, de remonter près des provinces le crédit de leur corps, et d'enchaîner les soldats, s'il était possible, aux conséquences de leur propre caprice. Des circulaires furent donc écrites par l'assemblée aux grandes métropoles de l'Empire, Antioche, Aquilée, Milan, Alexandrie, Thessalonique, Corinthe, Athènes, Carthage et Trêves : Trêves représentant non-seulement la Gaule, mais avec elle l'Espagne et la Bretagne. La lettre qui lui fut adressée était conçue en ces termes : « Le grand Sénat à la curie « de Trêves. — Vous qui portez le titre de peuple libre, « et qui fûtes toujours dignes de le porter, vous vous « réjouirez de la nouvelle que nous vous donnons. Le « droit de créer les empereurs est revenu au sénat. On H a en même temps décrété que l'appel de toutes les « causes ressortirait à la préfecture de la Ville ^. » La

1. Tacitus, primse sententiae senator... priuceps senatus... Vopisc, Aurelian., p. 223.

Page 1