LIVRE V. -CHAPITRE I
morceau de pourpre qu'il lui plaça sur les épaules; et, mettant un genou en terre: « Auguste, s'ëcriait-il, je te salue ' ! » Pour des hommes aussi compromis déjà que l'étaient tous les assistants, un pareil acte avait beaucoup de gravité : ils le sentirent et résolurent de tenir bon. L'Auguste proclamé aux échecs devint, par leurs menées et celles de leurs amis, un Auguste sérieux ; Lyon se déclara pour lui ; plusieurs cités de la Viennoise et de la Narbonnaise se rangèrent à sa cause, et même, à ce qu'il paraît, quelques portions de l'Espagne^; les troupes qu'il commandait le reconnurent, et il trouva des partisans dans les légions rhénanes, près descjuelles il se rendit, à Cologne ^ Avec l'aide des Lyonnais, il organisa en peu de semaines, pour résister à Prohus, une armée dans laquelle on vit figurer ses deux mille esclaves sous les armes. Il chercha aussi des secours outre-Rhin, mais les Germains le repoussèrent en ajoutant qu'ils étaient plus disposés à servir Probus contre lui qu'à le servir lui-môme contre Probus*. Au reste, quand celui-ci arriva d'Orient, la guerre ne fut pas longue. Le tyran, débusqué d'abord de la province viennoise et chassé de proche en proche jusqu'au Rhin, se réfugia chez les Franks, dont il réclama la protection à titre de parent: ils la lui promirent, mais pour le livrer bientôt à son vainqueur, qui le fit mourir*. On ne sait ce que devint
1. Nam quum in quodam convivio ad latrunculos luderetur, atque ipse decies impei'ator exisset, quidam non ignobilis scurra : « Ave (( (inquil), Auguste. » Vopisc, Procul., p. 2i6.
2. Quum sibi... Hispanias et braccatse Galli;e provincias vindicaret, Id., Prob., '2iO.