Non ut vivat natus est, sed ut bibat. Id., ibid
4. Ipse quantumlibet bibisset, semper securus et sobrius... adhuc in vinn prudeutior. Id., ibid.
LIVHK V. — CHAPITRE I. 41H
grossier avantage pour surprendre les secrets des chefs barbares, qui venaient mener joyeuse vie dans les tavernes de la frontière, et se trouvaient fort lionorés de boire avec un personnage déjà constitué en dignité. 11 avait, au moyen de ce singulier espionnage, servi plus d'une fois la politique de Rome et les entreprises des armées ^ Gomme il était d'ailleurs actif, brave, populaire, excellent pour un coup de main, on l'avait poussé de grade en grade jusqu'à celui de général.
Aurélien avait placé dans la ville de Périnthe, près du Bosphore de Thrace, plusieurs jeunes filles gothes de haute condition qui se trouvaient en son pouvoir à titre de captives ou d'otages. Une certaine somme était aifectée pour leur entretien sur les revenus de l'État; et, afin d'alléger la dépense, l'Empereur avait ordonné qu'elles vécussent en commun, sept par sept'-. Du reste, il prenait soin de marier les plus notables à ses officiers, se créant par là ou chercliant à se créer des intelligences dans les rangs ennemis. Parmi les jeunes Barbares détenues à Périnthe, il s'en trouvait une appelée Hunila, fille du sang royal des Goths, et remarquable par la dignité de son caractère, non moins que par sa naissance'• : Auréhen lui fit épouser Bonose, et se chargea des frais de la noce. Un historien nous a conservé la
1. Si quando legati Barbaronim midecunque gentium venissent, ipsis propinabat, ut eos inebriaret, atque ab bis per vinum cuncta cognosceret. Vopisc, Bonos., p. 24/.
2. Superioribus liltcris scripseram, ut optimates Gotthicas apud Perintbuin coUocares, decrctis salariis, non ut singulse acciperent, sed ut septemiîimul unum couviviuin liabercnt. Quum enimdivisteaccipiunt, et iUœ paruin sumunt et respublica i)Iunmum perdit. Epist. Aureliun., ap. Vopisc, Bonos., 247.
3. Hunila... erat enim illa virgo regalis... fœniina singularis exempli, et liuniliae nobilis gentis Gotthicœ. Vopisc, loc cit.
liste des dons que l'épouse et l'époux reçurent alors de la munificence impériale. Suivant ce curieux document, l'Empereur donna à celui-ci cent pbilippes d'or, mille antonins d'argent et dix mille sesterces de cuivre; à celle-là des manteaux à capuchon de demi-soie, couleur d'hyacinthe-, une tunique de demi-soie enrichie d'or et du poids d'une livre ; deux chemises à deux bandes, et, ajoute la note que nous copions, le reste des choses qui conviennent à une matrone ^
Probus, à son départ pour l'Illyrie, en 278, chargea Bonose de la garde de la flottille en station sur le Rhin et qu'on avait réunie dans un des ports du fleuve, soit pour l'exercer, soit pour la réparer, soit dans la vue de quelque opération militaire. Bonose se laissa surprendre; les Germains, traversant le fleuve avec des brûlots, probablement pendant la nuit, livrèrent les navires aux flammes-. C'était pour le chef de service un cas de responsabilité bien grave ; et on connaissait à cet égard dans l'armée l'inflexible sévérité de Probus. Bonose, effrayé, ne trouva rien de mieux, pour se mettre à l'abri, que de se faire empereur^. Comme il y avait en Gaule assez d'hommes turbulents, assez d'aventuriers vivant de pillage, assez de malheureux affamés, pour créer un parti au plus indigne, Bonose fut bientôt assez fort pour tenir la campagne ; et , après s'être fait proclamer Auguste à Cologne, il occupa une partie de la Germanie
1. Tunicas palliolatas hyacinthinas subsericas : tunicam auro clavatam subsericam librilein unam, interulas dilores duas et reliqua quse matronse conveniunt. Ipsi dabis aureos philippenscentum, argeuteos antoninianos mille, seris h-s decies. Epist. Aurelian., ap. Vopisc, Bonos., p. 247.
2. Idem quum quodam tempore in Rheno Romanas lusorias Germani incendissent. Vopisc, ub. supr.