‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 322 sur 353 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

et de la Belgique, tandis que Proculus tenait les bords du Rhône et les Alpes. Ces deux tyrans essayèrent de réunir leurs forces ^ mais Probus ne leur en laissa pas le temps. Arrivé plus vite qu'on ne l'attendait, il balaya, comme je l'ai dit, Proculus, presque sans coup férir, au delà du Rhin. Bonose lui donna plus de peine et ne fut vaincu qu'après un long et sanglant combat. Pour ne point subir un supplice ignomineux, le César gaulois s'étrangla ' : un soldat, l'ayant aperçu dans cette position, dit assez plaisamment « que c'était une cruche qui pen- « dait, et non pas un hommes » Ce fut là la seule expression de regret inspirée par sa mort. Non-seulement Probus ût grâce à deux fils qu'il laissait, mais il accorda à sa veuve une pension sur le trésor public''. Hunila ne songea point à retourner dans son pays natal; elle aimait sa patrie d'adoption, et voulut continuer d'y vivre. Avec un tact parfait, qui n'était pas le moindre de ses mérites, la fille des rois goths s'était pliée aux habitudes de la société romaine. Au rapport d'un écrivain, qui avait là-dessus des traditions de famille, sa dignité morale lui conquit, à Rome même, une position de considération et de respect qui valait mieux pour elle que cette royauté grossière où son mari l'avait un moment élevée ^

\. Aur. Vict., Caes., p. 37; Epit., 37. — Vopisc, Prob., p. 240.

2. Longo gravique certamine a Probo superatus , laqueo vitam finivit. Vopisc, Bonos., 247.

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