Herodian., ii
LIVUE I. — GHAPITI'.E IJ. 3S
Jjonnes et libérales'; faisant approvisionne]' Rome de blé et d'huile ^ ayant sans cesse à la bouche les noms de Marc-Aurèle et de Pel•tinax^ et célébrant lui-même l'apothéose de ce dernier, avec les témoignages d'un respect et d'un regret presque filial, au milieu de pompes dont la splendeur surpassa ce qu'on avait encore vu de plus magnifique ^ Il jura même solennellement de ne mettre à mort aucun sénateur, sans un jugement du sénat; et, en vertu d'un sénatus-consulte rendu par son ordre, l'empereur qui oserait commettre un tel acte, et les agents qui l'exécuteraient, furent déclarés ennemis publics, eux et leurs enfants ^ Mais en même temps qu'il tâchait d'endormir par ces protestations la frayeur qu'il inspirait, il rétablissait les cohortes prétoriennes, en les réorganisant, il est vrai, sur de nouvelles bases. Les anciens prétoriens institués par Auguste se recrutaient exclusivement en Italie, en Espagne, en Macédoine et en Norique. Les peuples italiques, à eux seuls, en fournissaient la moitié; c'était une carrière pour leur jeunesse, et depuis qu'ils avaient été exemptés, ou, pour mieux dire, exclus du recrutement régulier des légions, ils n'avaient plus que cette voie pour parvenir aux emplois militaires''. Sévère supprima ce privilège; il régla qu'à l'avenir les cohortes seraient composées de soldats d'élite pris dans les légions, faisant de ce service plus doux et mieux rétribué un encouragement pour
1. Herodian., ii, 55. — Dio, lxxiv, ti. — Spartian., Sever., 66.