Spartian., Sever., 07. — Herodian., ii
tivité, un souci grave le préoccupai l. Sûr de ses troupes, et ne redoutant ni l'opposition des peuples d'Orient, ni l'habileté de Niger ([u'il regardait comme un général brillant, mais non comme un rival politique digne de lui, il éprouvait une vive inquiétude à s'éloigner d'Albinus et des provinces gauloises. 11 sentait qu'une fois au fond de l'Asie, exposé à tous les hasards de la guerre, à tous les dangers du climat, il ne pouvait compter bien fermement sur la fidélité de son collègue. Le rusé commandant de la Bretagne se résignerait-il, si près de Rome et si bien vu du sénat, à ne tenir dans le gouvernement qu'un rang secondaire*? 11 connaissait aussi par expérience les ardentes jalousies des armées : celles de Bretagne et de Gaule, humiliées du rapide succès des légions de Pannonie, ne vrendraient-elles pas, par un sentiment d'orgueil hlessé, susciter des embarras au nouveau règne, comme elles avaient troublé jadis, dans une circonstance pareille, l'avènement de Galba et celui d'Othon^? Si la Gaule profitait de son absence pour se séparer de sa cause, il pouvait perdre du même coup l'Espagne, et bientôt l'Italie et Rome, où il rencontrait plus d'admiration et de crainte que de sympathie ^ où la multitude regrettait Niger, et le sénat Albinus.
Il travailla à se prémunir contre ces dangers, soit en deçà, soit au delà des Alpes. Quant à l'Italie, il renferma ses soupçons au fond de son âme, afiectant pleine confiance dans le sénat et dans le peuple; n'épargnant ni paroles rassurantes, ni engagements formels, ni mesures