LIVRE I, — CHAPITRE II
grande joie S les honneurs dont on affectait de l'acca- J)ler; il répondit aux démonstrations d'affection par des démonstrations encore plus affectueuses; mais Sévère n'en devint que plus soupçonneux et plus attentif à surveiller toutes ses démarches.
La campagne d'Orient, compromise d'abord par les lieutenants de Sévère -, ne fut plus, dès son arrivée, qu'une suite de succès, quelquefois chèrement achetés, il battit les troupes de Niger une première fois à Cyzique, une seconde fois à Nicée, en Bithynie^ Un torrent grossi par l'orage lui ouvrit, dans les gorges du Taurus, le défilé des Portes-Ciliciennes réputé imprenable*. Enfin il atteignit de nouveau son j'ival, devant le golfe d'Issus, sur le dernier champ de bataille de Darius et d'Alexandre. La lutte des deux Romains ne fut point indigne des grands souvenirs que réveillait cette plage où la monarchie persique avait péri : <( Pour la seconde « fois, dit un historien contemporain, on y vit les (( hommes du Nord aux prises avec ceux de l'Orient; et « pour la seconde fois, on reconnut combien ceux-là sur- « passaient les autres dans l'art de la guerre ^ » La victoire, longtemps balancée, se décida conti-e Niger ([ui se retira, laissant vingt mille morts sur la place. Il faisait retraite vers la Mésopotamie où il voulait rallier les débris de ses troupes, lorsque des cavaliers du parti de Sévère le ])iirent, le tuèrent et lui coupèrent la tête'*. A la vue de