LIVRE I. — CHAPITKE III
A partir de celte époque, où les soins de radiiiini»tration roccupèrent exclusivement, on vit son caractère se radoucir par degrés, sous rinfluence des bons conseils de Papinien ^ Il pardonna à beaucoup de ses anciens ennemis, et le fil sincèrement^; mais il ne consentit jamais à se rapprocher du sénat, se maintenant vis-à-vis de lui dans une position d'hostilité systématique. C'est qu'il redoutait le pouvoir dont cette assemblée avait joui sous les Antonins, qui ne faisaient rien sans elle, qui l'entretenaient sans cesse de ses droits, qui attachaient son nom à tous les actes de la souveraineté. La brutalité de Commode et la violence des temps qui succédèrent avaient ébranlé cette influence sans la détruire. Sévère lui livra une gueire sourde, mais plus redoutable : reléguant, autant qu'il le pouvait, le sénat dans l'ombre, il afTecta de concentrer les affaires importantes dans son conseil privé, où siégèrent les jurisconsultes les plus renommés de ce siècle des grands jurisconsultes. Il y faisait préparer non-seulement ses constitutions et ses rescripts, mais souvent aussi les actes législatifs qui réclamaient la sanction de l'assemblée, et celle-ci voyait son rôle borné, la plupart du temps, aux acclamations par lesquelles elle transformait en sénatus-consultes les propositions du prince. A la vérité, ces propositions se distinguaient généralemenl; par leur sagesse; à la vérité encore, ce que perdait la liberté politique, l'administration le gagnait par une plus grande intelligence des lois, une plus grande suite dans les idées, une plus grande unité dans les mesures ; mais la considération du sénat