Spartian., Scver
2. lisque usus est non aliter ac si onini culpa ca;:uissent. Dio ,
lAXV, 8.
s'en allait avec son utilité. Les jniisconsultcs hérilèrent de la puissance qu'on lui dérobait. Sévère sentait le prix de leurs travaux, qu'il avait lui-même pratiqués; il les honorait, il les aimait; et la courageuse conscience de ces hommes fut souvent le seul contre-poids possible aux instincts violents du chef, et aux tyranniques prétention des soldats.
Il fallut , pour contenter ceux-ci , des concessions jusqu'alors inouïes : leur solde régulière fut augmentée ,' leurs gratilications jnultipliées outre mesure-, et ils reçurent le droit de poiter l'anneau d"or. privilège anciennement dévolu aux seuls chevaliers; enfin, ce qui était plus graAe. on leur permit de se marier et de garder près d'eux leurs femmes et leurs enfants '^ : les camps pi'irent l'aspect de vilk'S militaires: l'armée devint une nation.
Poui'tant Sévère ne fut pas, à l'égard du soldat, un corrupteur vulgaire. On ne le vit point, comme tant de méprisables empereurs, les Commode, les Domitien, les Néron, soudoyer le dévouement des prétoriens pour tenir sous sa main Rome et le sénat : ce rôle de chef de bandits pesant sur une population désarmée lui eût paru trop indigne de lui. Ce fut l'armée tout entière qu'il acheta ou plutôt qu"il adopta: il inaugura en sa personne le métier de soldat sur le trône des Césars. L'armée, depuis lui, s'attribua une action distincte de celle du sénat, et l'on s'habitua, dans les affaires importantes, à se de-
1. Militibus tantum stipendiorum quantum nemo principum dédit. Spartian., Sever., 68.
2. Herodian., m, 71. — Dio, lxwiii, 30, et passim. — Cf. Eckliel, Doct. num., vii, 109 seqq.
3. ?vam et frumenti summani primus adauxit, et aureis annulis uti, et domi habere mulierem pemiisit. Herodian., m. 71.