‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 85 sur 353 · LIVRE II. — CHAPITRE J · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE J

rive droite de la Vistule'. et les Lygii, cantonnés sur le cours moyen du même fleuve, et ancêtres présumés des Polonais-. Une de leurs peuplades, les Arii, se teignait le corps en noir, portait des boucliers noirs, et ne combattait que dans l'obscurité de la nuit, pour inspirer plus d'efTroi K

Enfin, dans les parages de la Baltique, on remarquait les Angles et les Varins, au midi de la presqu'île des Cimbres^; les Gothons, tribu détachée des nations gothiques, qui habitaient la presqu'île de Scandie'^; les Ruges, établis autour des bouches de la Visfule ^; ensuite, dans la péninsule Scandinave, les tribus nombreuses que dominaient les Suions''. La réunion de ces peuples, liés ensemble par des rapports intimes, forma plus tard un rameau particulier, qu'on a appelé Scandinave. Partis d'un tronc commun, mais développés dans des circonstances particulières, ces grands rameaux avaient pris chacun sa physionomie propre; d'impor-

* \. Venedi et Venedœ. — Germanis an Sarmatis adscribam dubito. Tac, Gcrni., 40.

2. Lygii. Tac. — Aojio'., Strab. — Leur nom parait signifier, en slavon, habitants des plaines. Ce sont probablement les Lièclies du moyen âge.

.1. Xigra scuta; tincta corpora ; atras ad prœlia noctes legunt. Tac, Germ., 43.

4. Mecklembourg et Holstein. — Sur les Cimbres, consultez Hist. des Gaulois, t. II.

5. Gothones. Tac. — Guttones. Plin. — rOOwve?. Ptalem. — Ils habitaient la Prusse orientale. — Ptolémée nomme les Gutœ parmi les six peuples de la Scandic. On ne peut guère douter que ce ne fussent les célèbres Goths.

6. On trouve en Ponu-i-anic la vill" de Rugenwalde, et plus à l'ouest nie de Rugen.

7. Suiunes, Sviones et Sveones. dans le moyen âge. Ce sont les ancôtros des Suédois.

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tantes différences existaient entre eux quant aux mœurs, h l'état social et même au langage, partagé en autant de dialectes principaux. J'aiilicipc un peu ici sur roi'dre des temps, en donnant aux nations Scandinaves une individualité qui ne se caractérisa fortement ou, pour mieux dire, que Thistoire ne constata bien que i)lus tard.

Comparé au Suève, le Germain était plus fixe sur le sol; il connaissait la propriété individuelle ^ tandis que, chez ses voisins de l'Est, la terre était commune et distribuée, chaque année, à tour de rôle, entre les tribus et les familles-. Les nations de TOuest, plus morcelées, plus petites, plus serrées les unes contre les autres et en contact plus fréquent d'intérêt, vivaient tians un perpétuel état de guerre; il régnait moins de discorde entre les nations sué\ i(pu's, généralement fortes, espacées sur le sol, et la plupart du temps séparées par des territoires neutres et déserts, qui éloignaient les occasions de conflit'. La royauté n'avait pas pris une assiette bien solide dans l'Ouest; l'Est avait des rois^ dont l'autorité, plus ou moins étendue, plus ou moins mêlée à celle des prêtres', variait de nation à nation"; dans l'extrême Nord, elle

i. C'est ce qui paraît résulter de l'ensemble des faits relatifs aux Germains proprement dits.

2. Neque qiiisquani agri modnm certum aut fines luibet proprios, sed magistratus principesqne in annos singulos... attribuant. Caîs., Bell. Gall., VI, 22. — Agri pro numéro cultorum ab univcrsis per vices occupantur. Tac , Germ., 20.

3. Civitatibus maxima laus est, quam latissimas, circum se vastatis finibus, solitudines liabcre. Ca's., Bell. Gall., vi, 2J.

4. Omnium barum gentium insigne... erga reges obseqnium. Tac, Germ., 43.

5. Les Burgondes avaient des rois amovibles appelés heiuUnos (kindinos, rois, cliefs, dans Llpbilas), et des prêtres monmiés sinistan (vieillards).

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