LIVRE II. — CHAPITRE I
revêtait un caractère tout à fait absolu. Chez les Suions, par exemple, le roi était seul dépositaire des armes du peuple; il les tenait renfermées dans un dépôt public, sous la garde d'un esclave '. Une de leurs tribus obéissait même à une femme *. Quelquefois ces rois étaient héréditaires; le plus souvent ils étaient électifs, mais toujoui's choisis parmi les membres d'une même famille.
Le costume , l'armure , la manière de combattre changeaient aussi d'une branche à l'antre. Tous portaient la chevelure longue, signe dislinctif de l'homme libre ; mais l'arrangement en était différent. Le Germain la laissait pendre en boucles sur ses épaules^; le Snôve la relevait, et la liait en aigrette au sommet de sa tête^ Un bouclier oblong et une framée, sorte de haste à fer étroit et court, mais très-acéré ^ étaient l'armure du Germain et du Suève méridional ; le Suève du Nord et le Scandinave avaient adopté l'épée courte et le ])Ouclier arrondi*^. L'ordre de bataille ordinaire était le coin''; mais des tribus intelligentes se mirent bientôt à imiter la tactique romaine; les Gattes et les Marcomans s'y appliquèrent les premiers : « les au- « très se battent, disaient les Romains; ceux-là font la
1. Nec arma in promiscno, sed clausa sub custode et quidem servo... regia utilitas est. Tac, Gerni., 44.