‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 98 sur 353 · LIVRE II. —CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II. —CHAPITRE I

Mais au moment où Décébale soulevait les masses barbares avec une puissance personnelle que n'avaient possédée ni Arminius, ni Marobode, le terrain n'était déjà plus le même; la Germanie, suivant l'expression latine, avait été pénétrée en tous sens par les Romains ^ Sur le Veser, sur l'Elbe et jusque sur la Vistule, ils avaient montré leurs aigles, laissant derrière elles, pour témoins irrévocables de leur passage, des retranchements et des forts, tantôt occupés, tantôt abandonnés "-. Dans le midi et presque déjà dans le nord, la plupart des peuples recevaient des rois de leurs mains ; les Longobards eux-mêmes avaient fléchi ' ; et l'on avait vu récemment un roi des Semnons partir avec la prophélesse Ganna, pour aller humilier à Rome, devant Domitien*, le nom de la nation la plusfière et la plus antique parmi les Suèves ^ Les sentiments d'indépendance teulonique avaient donc éprouvé une grande altération ; le sol non plus n'était pas resté intact.

Régulièrement, et d'après l'institution d'Auguste, le lit du Rhin et celui du Danube formaient la limite septentrionale de l'Empire. Ces deux fleuves, en prenant chacun une direction opposée, l'un vers l'océan germanique, l'autre vers la mer Noire, laissent entre eux un intervalle qu'aucun obstacle naturel ne couvre, et qui conduit à l'ouest, dans l'Helvétie et le reste des Gaules, à l'est, dans l'Italie, par les Alpes. Des camps permanents, placés à de

1, Penitus penetrata Germania. Tac.

'2. Id., passim, — Sueton., Tib. — Dio, i.vi.

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