‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 1 sur 454 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Une horde de Kimris et de Teutons, partie des bords de la Baltique, assiège Noréia; perfidie et défaite de Papirius Carbon. — Les Kimro-Teutons pénètrent en Helvétie ; les Ambrons, les Tigurins et les Tughènes se joignent à eux; ces hordes envahissent la Gaule. — Résistance des Belges; ils font la paix avec les Kimris en leur cédant la forteresse d'Aduat. — Les hordes dévastent la Gaule centrale. — Elles attaquent la province romaine ; défaites de Silanus, de Cassius, de Scaurus. — Les Tectosages se déclarent pour elles; prise et sac nocturne de Tolose par le consul Cépion.— Défaite de Cépion et de Manlius; ravage de la province; les Kimris passent en Espagne. — Malheurs de Cépion ; or de Tolose. — Marius consul en Gaule ; il fait creuser un canal du Rhône à la mer. — Retour des Kimris. — Marius bat les Ambro-Teutons à Eaux-Sextiennes. — Les Kimris entrent en Italie par les Alpes tridentines; terreur des Romains. — Marius arrive; bataille du champ Raudius; défaite des Kimris; héroïsme et mort de leurs femmes. — Gloire de Marius.

Au bord de l'Océan septentrional , dans la péninsule 113

kimiique et sur la côte voisine, habitait, comme le lecii. 1

ii3 teur doit se le rappeler, la plus forte des divisions kimriques restées au delà du Rhin *; au-dessus d'elle, vers le nord, habitait aussi, depuis plusieurs siècles, une de^ ces nations teutoniques dont la race occupa bientôt la presque totalité des contrées transrhénanes. Une catastrophe terrible vint bouleverser la demeure de ces Kimris et de ces Teutons de la Baltique : par suite d'un tremblement de terre 2 , la mer, sortie de son lit, engloutit une partie du rivage 3. Effrayés, les deux peuples se retirèrent : l'épouvante les rapprocha ; ils se confondirent en une seule horde, s'armèrent et se précipitèrent vers le sud -est, non moins impétueux, non moins redoutables que cet Océan débordé qui les poussait devant lui.

La horde totale comptait trois cent mille guerriers ; les vieillards," les femmes, les enfants, suivaient dans des chariots 4. Boïorix, jeune homme d'une âme intrépide, mais violente 5, avait le commandement suprême des Kimris, et dirigeait les chefs inférieurs, Gésorix, Luk ou Lucius, et Clod 6, appelé par les Romains Claudius. Teutobokhe 7 commandait .les Teutons; la stature et la force de ce roi tenaient du prodige : il franchissait d'un saut six chevaux rangés de front 8.

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