‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 2 sur 454 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

Partis des bords de la Baltique et se dirigeant au sud- n3 est, en remontant l'Oder ou l'Elbe, les émigrants arrivèrent aux frontières des Boïes, peuple kimri établi, comme on l'a dit plus haut, sur le plateau des monts Sudètes 1. Ils voulaient traverser ce pays ; mais les Boïes firent une résistance si vive qu'ils les forcèrent à se détourner plus au midi 2 : la borde passa le Danube, traversa la forêt Hercynie, et vint tomber sur le Norique, qu'elle mit à feu et à sang. Après avoir dévasté toute la campagne, elle s'approcha de la capitale, Noréia, qui ferma ses portes et se défendit.

Noréia, située au nord sous les Alpes tridentines, était de ce côté la clef de l'Italie. Borne alarmée envoya le consul Papirius Carbon , à la tête de forces considérables, garder les défilés des montagnes, et observer de là les mouvements des Kimro-Teutons ; il les trouva toujours occupés au blocus de Noréia qui résistait bien, ou plutôt qu'ils ne savaient pas assiéger. Du haut des Alpes, où il avait pris position , Papirius s'adressa à leurs chefs avec le ton impérieux d'un consul romain parlant à des barbares : « Je vous ordonne de vous retirer, leur fit-il dire ; « respectez un pays allié du peuple romain. » G était la première fois que les Kimro-Teutons se trouvaient face à face avec ce peuple romain, dont le nom sans doute avait pénétré dans leurs forêts, et dont ils entendaient tant de récits depuis qu'ils avaient quitté la Baltique. Au moment de se mesurer , ils hésitèrent ; et leur réponse aux sommations de Carbon fut humble et pacifique. Leurs ambassadeurs vinrent assurer le consul « que l'intention « de la horde n'était pas de s'établir en Norique ; et que,

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