LIVRE VI. — CTT APITRE I
dos Belges et la queue de leurs bagages, tandis qu'ils 59 s'enfonçaient eux-mêmes clans l'épaisseur de la forêt, niais des pluies orageuses survinrent; il se vit contraint de discontinuer l'ouvrage, et bientôt il ne lui fut plus possible détenir le soldat sous la tente. Ayant donc ravagé tout le pays et brûlé les habitations, il ramena son armée en quartier d'hiver sur les terres des Lexoves, des Aulerkes et des autres peuples qui s'étaient récemment soulevés ; puis il partit pour l'Italie *-.
Les Ménapes étaient à peine délivrés de la présence 55 des troupes romaines, qu'un nouvel ennemi leur tomba subitement sur les bras. Plus violemment que jamais, les guerres acharnées que les tribus germaniques se livraient entre elles bouleversaient le territoire d'outre-Rhin. La puiss'ante ligue des Suèves faisait alors tout trembler et tout plier sous ses armes; elle réduisait ses voisins à lui payer tribut ou à se retirer devant elle. Les Usipètes et les Tencthères, après une longue résistance, cédèrent enfin à ce torrent; chassés de leurs terres, et poussés pendant trois ans de canton en canton dans les forêts de la Germanie, ils arrivèrent près de l'embouchure du Rhin, au nombre de quatre cent trente mille têtes. Les Ménapes, comme on l'a vu, habitaient la rive gauloise du fleuve vers son cours inférieur; ils possédaient aussi sur l'autre rive des cultures et quelques villages. A l'approche de la horde émigrante, ils abandonnèrent avec effroi leurs habitations situées au nord du Rhin, et tous leurs guerriers accoururent en masse défendre la rive méridionale. Les Germains mirent tout en œuvre pour effectuer le passage; vainement, car ils manquaient de bateaux, et les gués étaient bien gardés. Ils feignirent