Caes., Bell. Gall., m, 29. — Flor., m
donc de retourner sur leurs pas; mais, après trois jours de marche, iis reparurent subitement. Cependant les apes, accoutumés de la part des Germains à ces attaques brusquement entreprises et aussitôt abandonnées, croj anl la horde déjà bien loin, avaient repassé le Rhin, et étaient rentrés paisiblement dans leurs demeures. Assaillis à l'improviste, tous furent massacrés, et leurs barques servirent aux Germains pour gagner l'autre bord, qui n'était plus défendu-, avant que les Belges eussent pu s'armer et se réunir, l'ennemi était maître du pays.
Cet événement, dont les suites pouvaient être importantes dans l'état de mécontentement où la majorité des cités gauloises se trouvaient à l'égard des Romains, causa une sensation profonde et générale. Du Rhin aux Pyrénées, on se demandait avec inquiétude ce qu'il fallait faire : rejetterait-on les Germains au delà du fleuve? laisserait-on cette tâche à César? ou même, se servirait-on de ces bandes désespérées pour les opposer aux Romains, et allumer par elles une guerre qui pourrait devenir nationale? Dans les cités du centre ou de l'ouest, on arrêtait les voyageurs, on questionnait les marchands qui arrivaient du nord; des paroles d'indépendance, des bruits hostiles aux Romains circulaient de bouche en bouche : des conciliabules se formaient entre les villes. Plusieurs nations envoyèrent même des députés aux Usipètes et aux Tencthères, pour les inviter à s'avancer, dans l'intérieur de la Gaule, les assurant que tout ce qu'ils demanderaient leur serait accordé1; et déjà, d'après les
1, Missas legationes a nonnullis civitatibus ad Germanos, invitatosque cos uti ab Rheno discederent; omniaque, quœ postulassent, ab se ore parata. Gaes., Bell. Gall., iv, G.