‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 140 sur 454 · LIVRE VI. —CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VI. —CHAPITRE II

bres et le corps1; ils se chargeaient aussi les bras et les z'! reins de lourds anneaux de fer. Les Kimris-Bretons étaient de plus haute stature, mais moins vigoureux que les indigènes de la Gaule. Rien n'égalait l'agilité et la force du montagnard du nord ; ni rivière, ni lac, ni golfe de mer, ne l'arrêtaient. Pour guetter un ennemi ou pour échapper à sa poursuite, il restait quelquefois des jours entiers plongé dans l'eau, n'ayant que la tête seule en dehors. L'ancienne armure gauloise, le long sabre, le bouclier étroit, l'épieu et l'arc composaient l'armure des Bretons2; l'usage du casque et de la cuirasse leur fut longtemps inconnu; ils se servaient du chariot de guerre, qu'ils savaient manœuvrer avec plus d'adresse encore que leurs frères du continent3.

Par un bizarre scrupule de religion, les Bretons ne mangeaient ni lièvres, ni poules, ni oies ; ils en élevaient cependant par luxe et par plaisir4. Soit scrupule du même genre, soit plutôt ignorance ou dédain, les Galls ne tiraient non plus aucun parti du poisson qui fourmillait sur leurs côtes 5. A ce degré de civilisation, les formes du gouvernement devaient être simples et grossières : l'aristocratie et la monarchie militaires dominaient chez les peuples du midi; chez ceux du nord, l'association patriarcale ou de famille. Tous les membres proches ou éloignés de la même famille vivaient réunis dans la plus étroite intimité : chasse, butin, propriété, tout était en

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