LIV.RE VI. — CHAPITRE IL
la Gaule1 ; les Bretons en fabriquaient leurs monnaies; 55 ils se servaient aussi pour le même usage d'anneaux de fer d'un poids réglé 2. A l'occident de la Bretagne était située l'île d'Érin, appelée par les Grecs Ieme et par les Bomains Hibernia3 ; longtemps elle avait passé pour inhabitable à cause du froid ; plus tard, lorsqu'on sut en Grèce et en Italie qu'elle jouissait d'un ciel tempéré et d'un sol fertile, on la peupla, mais d'hommes hideux et anthropophages. Les voyageurs rapportaient qu'il y croissait une herbe odoriférante dont quelques feuilles suffisaient pour jeter dans une joyeuse ivresse les animaux qui les avaient broutées4. Érin n'appartenait plus en totalité à la race gallique ; plusieurs colonies de Kimris- Bretons et même de Belges, venues des embouchures du Bhin, s'étaient établies le long de la côte orientale : ces derniers, sous le nom de Fir-Bolg, jouent un rôle brillant, mais fabuleux, dans les vieilles traditions nationales du pays5.
Tandis que les préparatifs de l'expédition marchaient avec activité, César appela près de lui, de tous côtés, les voyageurs et les trafiquants qui pouvaient lui donner quelque lumière sur l'étendue de l'île de Bretagne, sur les peuples qui l'habitaient, leur manière de faire la guerre, leurs institutions, enfin sur les ports les plus