‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 153 sur 454 · LIVRE VI. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE II

loisesde lui fournir quatre mille hommes de cavalerie, qu'il se proposait d'embarquer avec cinq de ses légions-, lui-même attendit au port ltius que la saison devînt favorable pour le départ. 11 y était encore lorsque des troubles politiques importants éclatèrent chez les Trévires1.

Le ressentiment de l'indépendance perdue et l'ennui de la domination romaine faisaient dans la Gaule des progrès rapides, et devenaient chaque jour plus vils, parce que, chaque jour aussi, cette domination devenait plus oppressive et plus tracassière. Sous quelques rapports même, les cités de Test pouvaient être fondées à regretter la tyrannie d'Arioviste. D'abord les tributs n'étaient pas moins forts, ni les otages moins nombreux; et la présence des légions ne gênait et n'irritait pas moins que celle des bandes germaines. Mais, non contents d'occuper le pays, de lever des hommes et des subsides, de parler en maîtres insolents, les Romains s'immisçaient dans les plus intimes affaires des cités ; ils déposaient des magistrats légalement élus, sous le prétexte qu'ils étaient suspects au peuple romain ; ils en nommaient d'autres de leur autorité privée, intervenaient dans tous les débats, et bouleversaient à chaque instant les constitutions. C'étaient surtout les gouvernements populaires qu'ils poursuivaient avec acharnement, parce qu'ils en redoutaient le principe et l'énergie. Tantôt ils favorisaient sous main ces chefs ambitieux qui vivaient en conspiration permanente contre la liberté; tantôt ils les imposaient ouvertement, à la pointe de l'épée, prétendant les restaurer dans un pouvoir légitime, attendu que leur père, ou leur aïeul, ou leur oncle, l'avait jadis possédé. Ainsi ils établirent chez les Carnutes le jiespo-

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