‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 154 sur 454 · Caes., Bell. Gall., v · texte numérisé non relu

Caes., Bell. Gall., v

54 tisme de Tasget \ chez les Atrébates celui de Comm; ainsi ils forcèrent la haute assemblée des Senonsà reconnaître pour roi Gavarin, homme abhorré de tous, dont le frère et le père avaient attenté successivement à l'indépendance publique2. Ce n'était pas tout : depuis le commencement de la guerre, César s'était fait livrer tous les jeunes Gaulois distingués par la richesse, la naissance ou le rang de leur famille ; et il les gardait près de lui, moins comme des auxiliaires que comme des otages. Étudiant à loisir leur caractère et leurs penchants, il s'appliquait à les corrompre par l'ambition, à les éblouir par sa gloire, à étouffer en eux tout sentiment patriotique ; de cette pépinière de petits tyrans sortaient ses instruments les plus dévoués et les traîtres les plus redoutables à la Gaule. Le proconsul les jetait ensuite sur le point où il voulait exciter des orages; il leur prodiguait l'argent, il leur prêtait au besoin ses soldats ; il préparait par leurs intrigues, chez ses alliés les plus fidèles, une conquête facile et en apparence moins odieuse que la conquête à force ouverte. Chaque nation, chaque ville avait donc son parti romain et son parti national qui s'observaient l'un l'autre, et en venaient souvent aux prises, surtout quand il s'agissait de l'élection des principaux magistrats.

C'était par des mouvements de celte nature que les Trévires étaient alors agités. Ce peuple avait d'abord penché pour les Romains, par peur, il est vrai, et il avait mis à leur service sa cavalerie, si estimée de toute la Gaule. Mais l'esprit national n'avait pas tardé à prendre le dessus sur la frayeur; depuis près d'un an, les Tré-

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