‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 181 sur 454 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

53 voyer autant de cavalerie qu'ils pouvaient en réunir à l'instant même, la fit entrer de nuit et la cacha dans ses retranchements. Les troupes trévires ne tardèrent pas à se montrer. A leur approche, Labiénus, affectant une grande crainte, retint ses soldats dans le camp, et pendant plusieurs jours ne répondit rien aux vives provocations des Gaulois. Dans son impatience de combattre, souvent Indutiomar s'avançait jusqu'au pied des retranchements avec une escorte de cavalerie, soit pour reconnaître les lieux, soit pour entrer en conférence, essayer les promesses et les menaces ; et ses cavaliers, adressant mille outrages aux Romains, lançaient en signe de mépris leurs javelots par-dessus le rempart1. Mais un soir qu'après avoir voltigé ainsi autour du camp ils se retiraient lentement et en désordre, Labiénus fit ouvrir tout à coup les portes, et lâcha toute sa cavalerie, promettant un prix considérable à qui lui rapporterait la tête d'Indutiomar. « C'est à lui seul qu'il faut vous attacher, dit-il « à ses soldats; je vous défends de frapper, ni de blesser « aucun autre, avant qu'Indutiomar soit pris et tué2. » Lui-même sortit avec les cohortes pour soutenir sa cavalerie. Les Romains partirent à bride abattue, et l'escorte gauloise, chargée à l'improviste, fut aisément dispersée. Tous n'en voulant qu'à un seul, ils atteignirent bien lui le chef trévire au gué d'une rivière ; enveloppé, percé de vingt coups à la fois, Indutiomar tomba, et sa tête sanglante fut apportée à Labiénus3. Dans l'ivresse de

1. Equités plerumque omnes tela intra vallum conjiciebant. Caes., Bell. Gall., v, 57.

2. Omnes unum pétant Indutiomarum; neu quisquam prius vulneret, quam illum interfectum viderit. Id., ibid., 58.

3. Caput ejus refertur in castra. Id., loc. cit. — Dio, xl, 41. — Oros., vi, 10.

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