LIVRE VI. — CHAPITRE III
dans Aduatika, longtemps après leur départ, que, Volu- 53 sénus étant arrivé, la nuit suivante, à la tète de l' avantgarde de César, les soldats refusaient de croire que le général fût vraiment près de là avec l'armée. La tête leur avait tourné au point qu'ils prétendaient que les légions étaient détruites, et la cavalerie seule échappée au massacre : « Sans cela, disaient-ils, les barbares auraient-ils « osé assiéger notre camp? » Il ne fallut pas moins que la présence de César lui-même pour parvenir à dissiper ces terreurs *.
César repartit presque aussitôt pour accélérer l'œuvre d'extermination commencée ; et, suivant ses propres paroles, « il lâcha en tous sens 2 » ce ramas de misérables exécuteurs de ses cruautés. Toutes les villes, toutes les habitations éburonnes furent la proie des flammes. La multitude d'hommes et de chevaux rassemblés sur les lieux consomma une grande partie des blés, une partie fut brûlée sur pied ; les orages et les pluies de l'automne détruisirent le reste; si bien que les malheureux Éburons que le hasard aurait soustraits au fer ou à la flamme, devaient nécessairement mourir de faim, après le départ des légions 3. Quant à Ambiorix, toutes les tentatives de César pour s'emparer de lui avaient échoué; et, comme on savait quelle importance le proconsul mettait à l'avoir mort ou vif, les Romains et les brigands gaulois leurs auxiliaires s'épuisèrent en efforts, firent en quelque sorte l'impossible pour gagner le prix attaché à cette capture4. Vingt fois on se crut au moment de l'atteindre;