LIVRE VII. — CHAPITRE I
le jeune patriote à sortir de la ville avec ses clients. Il 52 sortit, mais pour revenir bientôt suivi d'une foule de paysans1. Gergovie, cette fois, ouvrit ses portes; Gobanitio et ses partisans furent chassés; et Vercingétorix, aux acclamations unanimes du peuple de la ville et de celui des campagnes, fut investi du souverain commandement militaire. Revêtu de cette puissance, il envoie aussitôt des députés à toutes les nations conjurées2, leur rappelant « que l'heure est arrivée; que le sang romain « a coulé dans Génabum. » Les Senons, les Parises, les Pictons, les Cadurkes, les Turons, les Aulerkes, les Lémovikes, les Andes, et généralement toutes les cités armoricaines, répondent à son appel. On organise d'abord un conseil suprême chargé de délibérer sur le choix d'un chef. Comme le crédit de Vercingétorix n'était pas moindre dans les états généraux de la Gaule que dans les assemblées particulières du peuple arverne, et que d'ailleurs sa nation tenait le premier rang dans la coalition, le conseil lui remet, d'une commune voix, le commandement de la guerre3. Alors, au nom de son autorité absolue, il exige de toutes les cités des otages, il fixe les contingents de troupes actives et de milice, la quantité de vivres et d'armes qui doit être réunie dans les places ; il porte une attention particulière à l'organisation de la cavalerie ; enfin, invoquant au besoin une ri-
1. César dit que Vercingétorix ramassa dans la campagne des gens mourant de faim et des misérables. « In agris habet delectum egentium « ac perditorum. » Bell. Gall., vu, 4. — Si l'on en croyait le conquérant romain, il n'aurait eu contre lui en Gaule que les voleurs de grand chemin et les hommes repris de justice.
2. Dimittit quoquoversus legationes; obtest^tur ut in fidemaneant... Cses., loc. cit.